Face à la sécheresse liée au phénomène El Niño, le Canal de Panama prévoit de réduire encore son trafic
Le Canal de Panama va réduire une nouvelle fois son trafic en raison de la sécheresse liée au phénomène El Niño , a annoncé lundi 14 septembre 2026, la direction de cette voie maritime stratégique, rapporte l’Agence France-Presse (AFP).
À partir d’octobre, le nombre de passages sera limité à « une moyenne de 29,5 transits » par jour, selon un projet de budget présenté à l’Assemblée législative. Le canal avait déjà prévu de passer de 36 transits quotidiens en août à 34 début septembre, puis à 32 à partir de ce mardi.
Le Canal fonctionne principalement avec de l’eau de pluie, stockée dans des lacs artificiels dont le niveau a baissé du fait de la sécheresse générée par El Niño. Celui-ci pourrait durer jusqu’à la mi-2027 et se profile comme la plus intense jamais enregistrée, selon les prévisionnistes.
Les restrictions doivent permettre d’économiser cette eau douce et « de garantir que le canal continue de fonctionner de manière sûre, continue, efficace et rentable » , a déclaré José Ramón Ycaza, ministre chargé de la tutelle du Canal. L’Autorité du canal (ACP) a également commencé à réduire le tirant d’eau maximal des navires, passé de 15,24 à 14,63 mètres. Les bateaux transportant de lourdes cargaisons pourraient donc être contraints de réduire leur chargement.
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Le Canal de Panama constitue un passage majeur pour le commerce maritime international : environ 5 % du commerce mondial y transite. Il permet aux navires de relier l’océan Atlantique et l’océan Pacifique sans contourner l’Amérique du Sud par le cap Horn. La réduction du nombre de créneaux fait grimper les prix pour les armateurs. Fin août, un méthanier avait ainsi payé 5,3 millions de dollars, un montant record, pour obtenir un passage plus rapidement.
Malgré la baisse attendue du trafic, l’Autorité du canal table sur une hausse de ses recettes. Près de 11 500 navires, représentant 462 millions de tonnes de marchandises, devraient avoir emprunté la voie maritime au cours de l’exercice qui s’achève le 30 septembre. Pour l’exercice suivant, d’octobre 2026 à septembre 2027, le Canal prévoit 743 navires et cinq millions de tonnes de fret en moins, mais espère générer 5,5 milliards de dollars de recettes, soit 350 millions de plus sur un an. La contribution du Canal au budget de l’État devrait également atteindre un record à 3,6 milliards de dollars.
La situation rappelle celle de 2023, lorsque la sécheresse avait contraint les autorités à réduire le nombre de passages de 38 à 22 par jour. Le Panama a depuis déclaré l’état d’urgence face à El Niño, un phénomène climatique naturel qui revient généralement tous les deux à sept ans et qui se traduit notamment par une hausse des températures et une baisse des précipitations en Amérique centrale.
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