RDC: Félix Tshisekedi formalise la première étape vers le dialogue national
Le chef de l'État congolais a signé une ordonnance créant un comité chargé de préparer la mise en place d'un dialogue national en RDC, dimanche 13 septembre. Reste que le texte place la structure sous l'autorité directe du président, ce dont ses opposants ne veulent pas entendre parler...
En République démocratique du Congo, le président Félix Tshisekedi a signé dimanche 13 septembre une ordonnance portant création du Comité d'organisation du dialogue national, un texte qui ne convoque pas encore le dialogue en question mais institue la structure qui va devoir en jeter les premiers jalons. Chargée de définir les paramètres fondamentaux de l'événement, elle a aussi pour mission d'en identifier les besoins financiers, techniques, logistiques et sécuritaires afin de pouvoir proposer au chef de l'État les options nécessaires à la création de sa commission préparatoire.
Si Félix Tshisekedi ne dirigera pas lui-même les réunions de ce comité, l'instance sera toutefois placée sous son autorité directe puisqu'il en nommera le coordonnateur, son adjoint et ses membres, qu'il pourra les relever de leurs fonctions, et qu'il désignera en outre les 11 experts de son secrétariat technique.
La structure recevra par ailleurs ses orientations du directeur de cabinet du président à qui elle devra rendre compte de ses travaux à travers des notes d’étape, des briefings ou des rapports, tandis que les modalités de communication publique seront arrêtées par le chef de l’État en personne.
Si l'ordonnance ne précise ni la composition du comité, ni les critères pour y participer, ni son calendrier, ni même les thèmes du dialogue, elle n'a toutefois pas tardé à faire réagir l'opposition, et pour cause : son architecture rejoint une mise en garde qu'elle a déjà formulée, à savoir le fait que le pouvoir, lui même partie prenante au processus, ne devrait pas pouvoir en fixer le cadre et et en contrôler les préparatifs - autrement dit en être à la fois juge et partie.
Dans le camp de l’ancien président Joseph Kabila , on considère ainsi que cette ordonnance est une preuve suffisante du fait que le chef de l'État ne veut réellement pas d’un dialogue pour la paix. Si bien que Ferdinand Kambere, secrétaire permanent adjoint du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), l’ancien parti présidentiel, considère la signature du texte comme un « non évènement ».
Dans les rangs de la coalition C64, Ensemble pour la République (EPR), le parti de Moïse Katumbi , parle lui d’un « pétard mouillé » susceptible de renforcer la mobilisation prévue mardi 15 septembre contre tout changement de Constitution dans le pays. « À ce stade, il [Félix Tshisekedi, NDLR] a déjà fait preuve de suffisamment de mauvaise foi pour qu'on ne l'entende plus. Alors que la défense de l'ordre constitutionnel reste pour nous l'essentiel, toutes les raisons pour lesquelles nous avions appelé à la mobilisation demeurent donc intactes. La mobilisation se poursuit », a ainsi confié Dieudonné Bolengetenge, le secrétaire général d'EPR, à notre correspondant à Kinshasa, Pascal Mulegwa .
Une position que partage également la coalition Lamuka de Martin Fayulu : « Le camp de M.
5News a agrégé ce résumé depuis le flux public du média. L'article complet, avec tout le contexte, est sur www.rfi.fr — le contenu appartient à RFI.