"Qu'il arrête de saboter le corps des femmes": douze patientes portent plainte contre un chirurgien après des opérations de la poitrine
Douze femmes ont déposé plainte après avoir été opérées de la poitrine par le Dr G. à Bayonne (Pyrénées-Atlantiques). Toutes dénoncent des "mutilations" tandis que le praticien, lui, réfute tout manquement médical. C'est l'un des chirurgiens esthétiques les plus réputés de la côte basque. Porté par de nombreux avis élogieux sur internet et inspirant confiance par les contenus pédagogiques qu'il publie sur ses réseaux sociaux, le Dr G. revendique opérer ses patientes "dans la subtilité" et travailler à des rendus "naturels".
Pourtant, plusieurs femmes lui reprochent désormais de ne pas avoir respecté ce contrat, et même de les avoir mutilées. Elles sont douze anciennes patientes à avoir porté plainte après des opérations de la poitrine ratées . Alors qu'une enquête pour "blessures involontaires avec une ITT inférieure à trois mois", "mise en danger d'autrui", et "faux en écritures" est en cours au parquet de Bayonne (Pyrénées-Atlantiques), cinq d'entre elles ont accepté de témoigner auprès de BFM.
"Il a bousillé pas mal d'années de ma vie", confie Anne. "Cette procédure, c'est pour éviter qu'il fasse d'autres opérations comme ça, qu'il reconnaisse qu'il a loupé et pouvoir obtenir une reconstruction physique."
En 2017, Anne se rend au cabinet du Dr G. dans l'intention de s'offrir une réduction mammaire. "J'avais une trop grosse poitrine, des douleurs dans le dos, je ne pouvais pas m'habiller ou fermer mes vêtements", détaille-t-elle. Mais une fois l'opération réalisée, elle se réveille avec la sensation de recevoir des "décharges dans la poitrine". Ni la morphine, ni les antidouleurs ne font alors effet. "En rentrant chez moi, et pendant quatre ou cinq mois, j'ai eu des décharges électriques en continu. (...) C'était intenable."
Lorsqu'elle évoque ces douleurs auprès du chirurgien, ce dernier évoque un problème de cicatrisation et ne remet pas en question son travail, raconte Anne. "Je suis allée le voir, et il m'a dit que c'était ma peau qui était de mauvaise qualité."
Opéré des sinus, il perd un œil: Maxime dénonce “l’abandon des patients” victimes d’accidents médicaux 26:18 Comme Anne, c'est pour une réduction mammaire que Valérie a pris rendez-vous avec le Dr G. en 2022. Après l'opération, elle comprend que quelque chose ne va pas notamment en surprenant le regard des infirmières.
"Elles ont commencé à voir que ça nécrosait, la peau commençait à mourir (…). Ça faisait comme une plaque de sang." Questionné, le chirurgien lui indique alors que sa peau ne cicatrise pas bien. Il finit par lui offrir le tatouage de ses aréoles (la zone de peau pigmentée qui entoure le mamelon, NDLR). "J'avais mal, je n'étais pas bien, je voyais que ce qui était en train d'être fait, ce n'était pas moi, pas ma carnation... Pour moi, c'était un cache-misère", se souvient, très émue, Valérie.
Après avoir subi le même sort, Charlotte a été choquée de la réponse du praticien lorsqu'il a constaté des nécroses post-opératoires sur sa poitrine. "Ce sont ses mots: je suis un 'aléa thérapeutique'.
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