"Nous ne faisons que semi-négocier avec eux": Donald Trump ne menace plus de "déchaîner les enfers" sur l'Iran, il semble désormais privilégier la pression économique pour faire plier son ennemi
Donald Trump opère-t-il un changement de stratégie? S'il n'a pas exclu la possibilité de nouvelles frappes contre Téhéran, le président américain insiste désormais davantage sur les dommages économiques subis par l'Iran au travers des sanctions imposées par Washington. Se faire "discret", voilà qui ne ressemble guère à Donald Trump. C'est pourtant la stratégie que le président américain dit privilégier désormais face à l'Iran , misant sur la pression économique plutôt que sur la diplomatie ou de nouvelles frappes. "On reste discrets", a-t-il dit dimanche au média en ligne Axios.
Le président américain a certes redit depuis qu'il se réservait toujours l'option de frapper Téhéran, mais préfère insister sur les dommages économiques subis par le pays au travers des sanctions américaines . "Ouais, ils peuvent causer des ennuis. Mais ils sont fauchés. Ils n'ont pas d'argent", a-t-il ainsi déclaré lundi dans le Bureau ovale. Il a plusieurs fois assuré que le pays connaissait une inflation supérieure à 300%, par exemple dans un message publié mercredi sur son réseau Truth Social, dans lequel le milliardaire de 80 ans assure aussi que "les soldats qui leur restent ne sont pas payés".
Le monde qui bouge - L'Interview : Ormuz, un accord "bientôt" (Trump) - 07/08 6:26 Le président américain semble donc avoir remisé, pour le moment, ses menaces dans lesquelles il assurait qu'il allait "déchaîner les enfers" sur l'Iran si le pays ne rouvrait pas le détroit d'Ormuz sous 48 heures.
Donald Trump a même laissé entendre qu'il n'y avait aucune urgence à agir puisqu'à le croire, les États-Unis auraient un "contrôle total" du détroit d'Ormuz, devenu le grand enjeu du conflit. Dans les faits toutefois, l'Iran verrouille ce passage stratégique pour le commerce mondial de pétrole, alors que Washington impose de son côté un blocus aux ports iraniens.
"Économiquement, l'Iran est en très mauvais état. Ils ne peuvent pas exporter de pétrole dans des quantités significatives, ils opèrent sous un régime de sanctions et ils n'ont pas accès à leurs avoirs à l'étranger", énumère Michael O'Hanlon, expert de la Brookings Institution interrogé par l'AFP.
Donald Trump et son gouvernement semblent pourtant faire le pari qu'à force de patience, Téhéran cédera face à la pression. L'imprévisible président américain a donc mis en sourdine pour l'instant les menaces de frappes apocalyptiques et les promesses de règlement diplomatique imminent qui ont rythmé en alternance sa communication depuis le début de la guerre, il y a plus de cinq mois.
À en croire le Wall Street Journal, ses conseillers lui ont montré nombre de graphiques sur l'impact des sanctions américaines, et Donald Trump réfléchirait désormais à durcir celles qui existent, voire à en imposer de nouvelles. Fin juillet, Washington avait annoncé de nouvelles mesures visant des entités iraniennes liées aux Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de l'Iran.
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