"Tout est gratuit, mais tout a un coût" : l'impossible équation du financement de la visite du pape
L'Eglise de France cherche encore plusieurs dizaines de millions d'euros pour équilibrer les comptes de la visite papale. Une gageure provoquée par le statut particulier de l'Hexagone.
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Article rédigé par Pierre Godon , Raphaël Godet France Télévisions Publié le 23/09/2026 06:02 Mis à jour le 23/09/2026 11:08 Temps de lecture : 8min Faire circuler des corbeilles au milieu des 600 000 fidèles massés place de la Concorde et sur les Champs-Elysées, samedi 26 septembre, pour assister à la messe célébrée par le pape Léon XIV ? "Hors de question ! On va diffuser des QR codes sur les écrans géants, inciter au don par SMS…" , sourit Sylvie Bretones, chargée de trouver l'argent pour financer le séjour papal au sein du diocèse de Paris. Si chaque fidèle donnait cinq euros ce jour-là, les frais de cette messe géante seraient couverts. "Le problème dans l'Eglise, c'est que tout est gratuit, mais que tout a un coût" , poursuit la grande argentière de la reconstruction de Notre-Dame de Paris.
Le dernier chiffrage de la Conférence des évêques de France porte la facture des quatre jours passés par Léon XIV dans l'Hexagone, du 25 au 28 septembre, à 27 millions d'euros – à comparer avec la première estimation de 12 millions d'euros au début de l'été, quand la visite a été officialisée, souligne La Croix . "Vingt millions d'euros, c'est un peu le socle minimal" , constate Christian Terras, rédacteur en chef de la revue Golias , qui représente le courant progressiste de l'Eglise.
Mis à part les dépenses de sécurité liées à la protection d'un chef d'Etat étranger, l'Etat ne verse pas un centime – sauf, concordat oblige, pour le passage à Metz (la Moselle n'était pas française en 1905 quand a été promulguée la loi de séparation de l'Eglise et de l'Etat). Or, louer le Stade de France le vendredi ou encore organiser une messe pour plus d'un demi-million de fidèles le samedi n'est pas gratuit. "Lors de la dernière visite de Benoît XVI, en 2008, on avait fait une messe aux Invalides sans toilettes , se souvient Sylvie Bretones. C'était tout à fait acceptable à l'époque." Maintenant, le fidèle a droit à davantage de confort : 2 500 sanitaires seront disposés, en plus de 48 écrans géants à 50 000 euros l'unité pour la célébration de Léon XIV sur la plus belle avenue du monde.
L'équation paraît insoluble pour l'Eglise de France. La campagne d'appel aux dons a dû être lancée au cœur de l'été , quand les Français et les fidèles avaient la tête ailleurs. La vente de produits dérivés , début septembre, n'épongera qu'une fraction de la somme nécessaire.
Il existe pourtant un manuel pratique pour réussir ce type d'exercice : Megaeventos de la Iglesia catolica . Son auteur, Yago de la Cierva, est un véritable chef d'orchestre des rassemblements catholiques : JMJ de Madrid en 2011, de Cracovie en 2016, ou encore Rencontre mondiale des familles à Philadelphie (Etats-Unis) en 2015.
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