Numérique. Après de multiples cyberattaques massives, le piratage du fisc est-il la fuite de trop ?
La fuite de trop ? Le double piratage de l’administration fiscale prend des allures de scandale d’État. Alors que l’exécutif est sous le feu des critiques, le Premier ministre Sébastien Lecornu doit présider ce lundi une cellule interministérielle de crise. « L’incident révélé cette semaine a fait l’objet d’un dépôt de plainte et d’une enquête judiciaire est en cours. Une notification a été adressée à la CNIL (Commission nationale informatique et libertés), et les usagers concernés seront contactés individuellement à compter de lundi 17 août, avec le détail des données susceptibles d’avoir été exposées et les mesures de vigilance à adopter », ont indiqué les services de Matignon.
La Direction générale des Finances publiques (DGFiP) avait confirmé jeudi une intrusion dans ses systèmes, et l’extraction de données fiscales de 678 000 particuliers et professionnels . Une reconnaissance qui était intervenue deux mois après l’attaque, et surtout au lendemain de leur mise en vente sur un forum bien connu du dark web .
Outre les identités, adresses, mails et numéros de téléphone, ces données indiqueraient les revenus fiscaux de référence, quotients familiaux et taux d’imposition de milliers de contribuables. Ces informations semblent correspondre à des échanges avec l’administration fiscale. Le pirate affirme avoir accédé à une plateforme utilisée par les agents du fisc, dont il a publié des copies d’écran sur les réseaux sociaux. Il a par ailleurs revendiqué l’extraction de données liées au cadastre, sur un serveur utilisé par Bercy. Elles contiendraient des informations relatives à deux millions de propriétaires, selon le hacker.
Ce dernier a été interrogé par le site spécialisé FrenchBreaches. Il assure travailler en binôme et n’être motivé que par l’appât du gain. « Les données françaises se revendent facilement et font parler. Il y a aussi une guéguerre entre hackers pour la plus grosse fuite », décrypte Sébastien Latombe, fondateur de FrenchBreaches, pour lequel cette nouvelle fuite « est une des plus graves de ces derniers mois ».
Car c’est aussi le dernier épisode d’une véritable série noire (lire par ailleurs). En février, une fuite massive avait visé le Fichier national des comptes bancaires (Ficoba). En mars, le registre des détenteurs d’armes était dérobé sur le site du ministère de l’Intérieur. En avril, c’était au tour de France Titres , l’agence nationale des titres sécurisés, de tomber. Les données de plus de onze millions de Français s’étaient retrouvées dans la nature. France Travail a subi plusieurs fuites, dont la plus importante avait concerné 43 millions de demandeurs d’emploi en 2024. Et la semaine dernière, c’est Santé publique France qui confirmait une intrusion.
« L’État a accumulé certaines “dettes techniques” pendant des décennies, et nos doctrines doivent être mises à jour de manière beaucoup plus rapide », a concédé samedi David Amiel, ministre de l’Action et des comptes publics. Un demi-aveu corroboré par les failles, parfois grossières, exploitées par les cybercriminels pour s’introduire dans les systèmes de l’État.
5News a agrégé ce résumé depuis le flux public du média. L'article complet, avec tout le contexte, est sur www.leprogres.fr — le contenu appartient à Le Progrès.