Comment la coque d’un navire médiéval a-t-elle pu se retrouver… dans le plafond d’une cave ?
En examinant le plafond d’une cave, on ne s’attend pas vraiment à découvrir les restes d’un bateau. Mais la chance a souri à une équipe d’archéologues occupées à fouiller le sous-sol d’un bâtiment de la rue Konradigasse, à Constance, en Allemagne, cet été. Au-dessus de leur tête, un plancher pas banal, composé des restes d’une épave d’un navire datant de 1244. Dans un état de conservation étonnant : plusieurs éléments de la coque ont été recyclés pour construire le plafond.
« Au départ, la seule chose qui était claire, c’était que les planches avaient été réutilisées. Le fait qu’elles aient fait partie d’un navire à l’origine a été une véritable surprise » , explique, dans un communiqué de presse paru le 6 août 2026 , Aline Kottmann, spécialiste en archéologie médiévale au service d’État pour la préservation des monuments historiques du Conseil régional de Stuttgart. Cette découverte intervient alors que ce service mène des recherches d’épaves dans le lac de Constance, tout proche, dans le cadre du projet « épaves et profondeurs ».
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« On sait qu’au Moyen Âge, les navires désarmés étaient réutilisés comme bois de construction. Cependant, la découverte faite à Constance est tout à fait exceptionnelle : il ne s’agit pas de simples fragments, mais d’une coque de navire presque entièrement intacte » , détaille Alexandra Ulisch, l’une des membres de l’équipe du projet. La structure, d’une superficie de plus de 25 mètres carrés, est composée d’au moins 19 planches, identifiées comme des éléments d’un navire médiéval grâce à leurs chevilles en bois caractéristiques, leurs rangées et leurs formes typiques.
D’après les premières investigations, il pourrait s’agir des vestiges d’un voilier cargo à fond plat, comparables à d’autres découvertes dans la région du lac de Constance, comme l’épave de Kippenhorn, près d’Immenstaad, datant du XIV e siècle. Les scientifiques cherchent à mieux comprendre la navigation à l’époque médiévale sur ce lac gigantesque, véritable carrefour commercial sur lequel les échanges étaient particulièrement nombreux.
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La découverte des restes d’un navire aussi ancien dans un état de conservation remarquable doit justement permettre d’en savoir plus sur les méthodes de construction des bateaux et sur leur fonctionnement. « Alors que les quelques épaves médiévales du lac de Constance sont sous l’eau et ne peuvent être examinées qu’au prix d’efforts considérables, les poutres de la Konradigasse sont conservées dans un environnement beaucoup plus accessible » , se félicite Aline Kottmann, citée par la radio allemande SWR .
Un modèle 3D du bateau retrouvé est en cours de réalisation. Pour y parvenir, la charpente en bois a été photographiée à 3 000 reprises.
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