Dans le conflit commercial américano-canadien, beaucoup de politique et peu de diplomatie
La fabrique du monde Dans le conflit commercial américano-canadien, beaucoup de politique et peu de diplomatie Publié le : 01/09/2026 - 10:20
Écouter - 03:12 Il y avait lundi au Canada trois élections législatives partielles, dont une dans la province francophone du Québec. Elles ont toutes été remportées par le parti libéral au pouvoir. Elles étaient suivies de près parce que les enjeux internationaux et les relations difficiles avec les États-Unis pèsent lourd dans la vie politique canadienne.
On votait lundi notamment à Chicoutimi-Le Fjord. Plutôt que de les numéroter, le Canada donne des noms géographiques aux circonscriptions. Celle-ci correspond à la région du fjord du Saguenay qui prend sa source au lac Saint-Jean, avant de rencontrer le fleuve Saint-Laurent du côté de Tadoussac. Là où viennent s'égayer et s'ébrouer de sympathiques belugas et d'impressionnantes baleines venus profiter d'une nourriture abondante en été. Un endroit superbe où l'on ressent toute la force et la fragilité de la nature.
Mais il ne s'agit pas de s'intéresser au chant des baleines. Plutôt aux voix des électeurs. Parce que c'est une région productrice d'aluminium, de bois et ses dérivés et de produits laitiers, autrement dit, des secteurs particulièrement visés par les États-Unis dans la guerre commerciale face au Canada après la décision du premier ministre Mark Carney de quitter les négociations. Il y a aussi des facteurs politiques locaux. Ce n'est sans doute pas par hasard si le premier ministre canadien a dit qu'il faisait ça aussi pour défendre la place du français. C'est vrai qu'il prend des cours et qu'il progresse, mais ce qui l'intéresse au premier chef c'est de renforcer sa majorité au Parlement pour mener sa politique de diversification des partenariats internationaux. Celle qui lui confère ce rôle de leader des puissances moyennes qu'il appelle de ses voeux et semble apprécier.
Une autre campagne est en cours, celle pour les élections provinciales au Québec , qui auront lieu le 5 octobre. Jusque-là, les indépendantistes québécois avaient le vent en poupe. Mais depuis le début officiel de la campagne, la majorité sortante est revenue à hauteur dans les sondages. Difficile de ne pas y voir la conséquence du conflit douanier en cours. Et même quand on a des sympathies souverainistes, il est assez humain de se dire qu'il est sans doute plus efficace de se défendre à 40 millions de Canadiens qu'à 9 millions de Québécois. D'ailleurs, le chef du parti québécois a senti le vent tourner. Il a reporté à l'après Donald Trump l'organisation du référendum sur l'indépendance qui est au coeur de son projet. À la grande joie de Mark Carney , qui après avoir été élu grâce au rejet du président américain est en train d'habilement pousser son avantage grâce aux mêmes ressorts.
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Dans ce dossier, on se sert donc de la diplomatie pour faire de la politique. C'est aussi le cas de l'autre côté de la frontière, aux États-Unis, où les élections de mi-mandat ont lieu début novembre.
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