À son plus haut niveau depuis 1996: le rendement des obligations japonaises à 10 ans atteint 3% après les propos de Scott Bessent sur de probables mesures de Tokyo pour soutenir le yen
Les investisseurs s'attendent à une hausse des taux de la banque centrale du Japon, ce qui fait grimper les rendements de l'obligation d'État à 10 ans. Le rendement des obligations japonaises à 10 ans a atteint 3% ce mardi 1 septembre, son plus haut niveau depuis 1996. Cette hausse intervient dans un contexte de rumeurs de hausse des taux de la banque centrale du Japon. En effet, le secrétaire américain au Trésor Scott Bessent a publiquement indiqué qu'il s'attendait à ce que Tokyo prenne des mesures pour soutenir sa monnaie.
Invité à préciser s'il faisait référence à des hausses de taux, il a répondu: "Je pense que le marché intègre déjà cette perspective dans les prix." De son côté, la ministre japonaise des Finances Satsuki Katayama a nié avoir discuté d'une hausse des taux avec Scott Bessent. "Il n'y a pas eu de telle discussion", a-t-elle déclaré, soulignant que la politique monétaire relevait de la Banque du Japon (BoJ).
Cette hausse des rendements intervient alors que les tensions au Moyen-Orient connaissent un regain d'intensité . Le conflit ne semblant pas près de se terminer, au Japon comme ailleurs, le marché anticipe une poursuite de la hausse de l'inflation et donc une possible réaction des banques centrales avec des hausses de taux d'intérêt.
Par ailleurs, la dynamique du marché obligataire japonais a considérablement évolué depuis que la Banque du Japon a mis fin à la dernière politique de taux d'intérêt négatifs au monde en 2024. Selon le FT, avant même les remarques de Bessent, le marché estimait très probable que la Banque du Japon relève ses taux d'intérêt de 0,25 point de pourcentage pour les porter à 1,25% lors de sa réunion de politique monétaire du 18 septembre.
Cette hausse des rendements pourrait inciter les investisseurs à acheter de la dette japonaise, même si la hausse globale des obligations dans différents pays du monde lui fait de la concurrence. Pour le gouvernement japonais en revanche, cette hausse renchérit le coût d'emprunt et pourrait le dissuader de trop augmenter les dépenses. "Cette hausse à 3% est un message du marché qui pourrait, dans une certaine mesure, contraindre Takaichi (la Première ministre japonaise) à corriger certains aspects de sa politique budgétaire expansionniste", a déclaré Takahide Kiuchi, ancien membre du conseil d’administration de la Banque du Japon et analyste au Nomura Research Institute, au FT.
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