ENTRETIEN. « Le regard change quand tu ramènes deux médailles olympiques » : Earvin Ngapeth se confie à deux ans des JO
Début octobre, devant la salle Robert-Grenon, à Tours. Il pleut à verse. Mais le tonnerre, lui, se trouve à l’intérieur. Les ballons fusent et résonnent. Les tribunes sont vides, entraînement oblige. Trois joueurs écoutent attentivement Rubinho, l’entraîneur du Tours volley-ball, distiller ses conseils. Parmi eux, Luca Ramon, libero médaillé d’argent avec les Bleus lors du dernier Euro. Puis Earvin Ngapeth. Fichue poussière dans l’œil.
Le revoir, avec le maillot du club qui l’a dévoilé, ravive forcément des souvenirs. Mais rien n’a vraiment changé, hormis son armoire à trophées, qu’il a fallu consolider avec quelques pieds en plus. À 17 ans, lorsqu’il arrive en Touraine, sous la houlette de son père Éric, son esprit joueur, improvisateur, dont rien ne semble impressionner, fascine. Seize ans après son départ, le voilà à nouveau vêtu de bleu. Un bleu roi qui sied plutôt bien à celui qui règne, depuis un moment, avec l’équipe de France.
Si ses grands yeux de gamins, qui s’ajoutaient à l’enthousiasme de découvrir le plus haut niveau du volley-ball français en 2008, dans une équipe en reconstruction, s’estompent peu à peu, son côté chambreur, lui, reste intact. « Il va pas la chercher ! (sic) », crie-t-il en référence à Kylian Mbappé, après un bloc out obtenu sur une attaque bras tendu. « Tu as mis le point David (Sousa, entraîneur adjoint et statisticien) ? » , nargue-t-il dans la foulée.
Alors qu’il vient de publier son autobiographie « Magic » (ed. Hugo Sport), le double champion olympique, double MVP des JO, en 2021 puis 2024, et rappeur,...
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