Guerre en Ukraine : en Russie, la peur d'une nouvelle mobilisation gagne la population
Voilà plus de trois ans qu'il n'y avait pas mis les pieds.
Ce lundi 10 août, dans un rare déplacement, Vladimir Poutine s'est fendu d'un voyage en Bouriatie, l’une des régions les plus pauvres du pays, dans l’Extrême-Orient russe.
Sous l'œil des caméras, le président affiche sa mine des bons jours.
Soudain, un jeune garçon l'interpelle : "Puis-je m'adresser à vous en tant que commandant en chef suprême ? Mon rêve est de devenir pilote d’avion supersonique.
Pourriez-vous m’aider à intégrer l’école militaire Souvorov d’Irkoutsk ?" "On va s’en occuper", lui glisse Poutine, l’air entendu.
Pour alimenter sa guerre contre Kiev, le chef du Kremlin a toujours plus besoin de soldats.
Les Bouriates, envoyés en masse en première ligne , en sont les premières victimes.
Alors à quelques semaines d'élections législatives sous haute surveillance, du 18 au 20 septembre prochains, leur sacrifice valait bien un déplacement… Après plus de quatre ans et demi de guerre, cette machine à broyer les hommes n’est pas près de s’arrêter.
A la fin du mois d’août, le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a mis en garde contre une nouvelle mobilisation de la population russe d'ici à l'automne.
Selon les renseignements ukrainiens, la Russie tablerait sur l’enrôlement de 600 000 hommes à l'horizon 2027, soit 300 000 combattants en 2026 et autant l’année suivante.
Depuis le début de l'été, les craintes autour d'un possible appel aux armes agitaient les réseaux sociaux russes.
En visite le 3 septembre à Vladivostok, le chef du Kremlin a balayé les spéculations, jugeant "qu'à ce jour", "aucun scénario" ne nécessitait une telle décision.
Mais qu’en sera-t-il après le scrutin de septembre - les premières législatives depuis le début de l’invasion de l’Ukraine ? En 2022, le pouvoir avait déjà écarté les rumeurs de mobilisation, quelques jours avant que Poutine n’annonce la réquisition de 300 000 hommes.
Lourdes pertes Ce même scénario n'est pas à exclure.
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