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Présidentielle 2027 : comment l’école s’installe dans le match entre Édouard Philippe et Gabriel Attal

Le HuffPost ·
Présidentielle 2027 : comment l’école s’installe dans le match entre Édouard Philippe et Gabriel Attal

La bataille à laquelle se livrent Gabriel Attal et Édouard Philippe pour savoir qui portera les couleurs de la droite et du centre à l’élection présidentielle se cristallise pour l’instant autour d’un sujet : l’école. Et à ce petit jeu, le premier capitalise sur sa longueur d’avance, lui qui a furtivement occupé le ministère de l’Éducation nationale.

Par interviews interposées, l’un dans Le Monde , l’autre dans Le Figaro , les deux candidats mettent en scène leur opposition et étalent leurs désaccords. Avec, à la clé, des propositions dont on se demande pourquoi elles n’ont pas été mises en œuvre au cours des deux quinquennats d’Emmanuel Macron. En cumulé, les deux hommes ont passé près de quatre ans à Matignon. La magie des campagnes présidentielles.

Gabriel Attal propose d’inaugurer « une loi de programmation pour l’école » , sur le modèle de la défense, et promet que s’il est élu président, son ministre de l’Éducation « restera en poste cinq ans » . « Il faudra donner à ce service public les moyens politiques et budgétaires d’accomplir sa mission » , estime le patron de Renaissance, pour qui « on ne peut pas faire d’économie sur le dos de l’école » .

Ses opposants ne manqueront pas de rappeler qu’en février 2024, alors Premier ministre, il publiait un décret annulant 691 millions d’euros alloués à l’enseignement scolaire. Cela s’inscrivait dans un plan d’économies plus globales de 10 milliards d’euros. De quoi nuancer le volontarisme dont il fait preuve aujourd’hui.

Édouard Philippe, lui, entend augmenter de « 20 % la rémunération moyenne des enseignants » sur cinq ans. Une promesse considérable, qui en rappelle une autre. En 2022, la socialiste Anne Hidalgo proposait de doubler le salaire des enseignants. Alléchant, mais difficilement réalisable. S’il n’a pas chiffré sa mesure, celle-ci coûterait autour de 12 milliards d’euros par an à l’État, selon nos calculs basés sur les données du ministère de l’Éducation, qui estimait à 3 090 euros nets par mois le salaire moyen des enseignants en 2024. Le doublement proposé par Anne Hidalgo en 2022 coûtait, lui, aux alentours de 36,4 milliards d’euros pour les seuls enseignants du public.

Cette hausse de 20 % proposée par le maire du Havre est d’autant plus difficile à tenir qu’il défend, par ailleurs, des économies drastiques de la part de l’État.

Le candidat Horizons en profite pour relancer un chantier abandonné depuis de longues années : l’autonomie des établissements. Avec le risque non négligeable que les écoles, les collèges et les lycées se retrouvent en concurrence les uns avec les autres, accentuant les disparités territoriales. Si « les programmes doivent rester nationaux » , Édouard Philippe propose d’accorder une « grande liberté » aux établissements scolaires sur « l’organisation des classes, les rythmes scolaires et la pédagogie » . Il entend aussi accentuer les tests de « performance » au sein de chaque école.

Une idée contre laquelle s’est aussitôt élevé Jean-Luc Mélenchon, qui ne veut pas revivre, « vingt ans après » , « le désastre de l’autonomie des universités ».

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