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Cuba, Iran, Syrie… Comment les États-Unis définissent les « États soutenant le terrorisme » ?

La Croix ·
Cuba, Iran, Syrie… Comment les États-Unis définissent les « États soutenant le terrorisme » ?

C’est un revirement surprise de la part de Donald Trump. Le président américain vient de retirer la Syrie de la liste américaine des « États soutenant le terrorisme », lundi 24 août. Pourtant, c’est justement pour ce pays que la liste avait été créée. En 1979, le département d’État américain, l’équivalent du ministère des affaires étrangères, y inscrivait pour la première fois quatre États : l’Irak, la Libye, le Yémen du Sud et la Syrie.

Conçue pour identifier les pays jugés coupables d’un soutien répété au terrorisme international, la liste des « State Sponsors of Terrorism » permet à Washington d’imposer des sanctions à ces États. Le département d’État définit le terrorisme comme tout acte de violence ou de mise en danger de vies humaines, de biens ou d’infrastructures, destiné à intimider des populations civiles ou à peser sur une politique gouvernementale. Plus largement, cela peut inclure les cas où un gouvernement fournit un refuge, des armes, un soutien logistique ou de renseignement à des groupes terroristes.

Une fois désigné, un pays se voit frappé d’un embargo sur les armes et tout composant susceptible d’un usage militaire, l’une des mesures phares du dispositif. Washington coupe aussi ses aides économiques et s’oppose systématiquement, au sein d’institutions comme la Banque mondiale, à tout financement de projets dans ces pays.

Depuis 1979, huit États ont figuré, à un moment ou un autre, dans cette liste : l’Irak, le Soudan, la Libye, le Yémen du Sud, la Syrie, Cuba, l’Iran et la Corée du Nord. Le retrait de la Syrie, lundi, qui fait suite à la chute du régime de Bachar Al Assad fin 2024, ne laisse plus que les trois derniers pays sur la liste – Iran, Corée du Nord et Cuba.

L’ajout ou le retrait d’un pays repose sur un examen formel mené par le département d’État, qui évalue l’historique du pays en matière de soutien au terrorisme, ses activités actuelles et sa coopération avec les efforts antiterroristes américains. Le Congrès dispose d’un droit de regard sur les retraits ; l’Arms Export Control Act (AECA) lui permet de s’y opposer dans les quarante-cinq jours suivant la notification de l’administration.

Mais la décision finale revient largement au pouvoir exécutif, détenu par le président, ce qui fait de cette liste un mécanisme régulièrement critiqué pour sa dimension aussi politique que diplomatique. Le cas de Cuba en est l’illustration la plus frappante.

L’île fut inscrite pour la première fois le 1er mars 1982 pour son soutien présumé à des mouvements révolutionnaires en Amérique latine et en Afrique. Elle en a ensuite été retirée en 2015 par Barack Obama, suite à un apaisement des relations entre les deux pays.

Six ans plus tard, en 2021, Donald Trump réinscrit Cuba sur la liste. L’île y reste jusqu’au tout début janvier 2025, lorsque Joe Biden, quelques jours avant de quitter ses fonctions, l’en retire à nouveau en échange de la libération de centaines de prisonniers cubains . Mais le répit est de courte durée : dès son investiture, le 20 janvier 2025, Donald Trump remet Cuba sur la liste, lui reprochant sa politique communiste et son soutien présumé à des mouvements d’extrême gauche.

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