"S'il y a des espions russes ou chinois dans la salle, je les invite à sortir" : les habits neufs de l'ancien lobby de Viktor Orban à Bruxelles
Une douce soirée d'octobre à Bruxelles, non loin du Berlaymont, l'imposant siège de la Commission européenne.
Une centaine de personnes, très majoritairement des hommes, souvent en costume de bureau au sortir d'une journée de travail, écoutent et applaudissent sagement les orateurs.
Frank Füredi, directeur de l'Initiative pour la liberté et la souveraineté en Europe ( Freedom and Sovereignty Initiative Europe, FSI), ouvre la séance par une blague.
"S'il y a des espions russes ou chinois dans la salle, je les invite à sortir maintenant, pour que nous n’ayons pas de problèmes à cause de votre présence", lance le Britannique d'origine hongroise de 79 ans sous les rires.
Puis viennent les choses sérieuses, avec l'objectif affiché de ce nouveau think tank, inauguré ce 14 octobre : "Sauver l'héritage de la civilisation européenne".
"Nous pensons que nous avons les capacités intellectuelles pour jouer un rôle important et offrir un point de vue alternatif.
Ce n'est pas parce que nous sommes petits que nous ne sommes pas influents", affirme Füredi, qui prend en exemple les manifestations de lycéens dans les rues de Paris pour marteler son message.
"Ces gens haïssent la France...
Pour eux, être européen, être chrétien [...] est moralement inférieur à ce qu'ils sont.
Dans ces circonstances, il est essentiel pour les forces patriotes de se mobiliser, d'être clairement représentées à Bruxelles et de défendre leurs valeurs." Un "débat" entre le RN et l'AfD comme séance inaugurale Les spectateurs ont chacun réglé 15 euros pour entrer.
Le directeur de la FSI lance un appel à contributions supplémentaires.
"Nous ne recevons d'argent d'aucune grande organisation, dit-il.
Nous n'avons que vous, et d'autres donateurs qui croient en la cause." Les invitées du soir sont deux députées européennes d'extrême droite, Christine Anderson (Alternative pour l'Allemagne, AfD) et Virginie Joron (Rassemblement national).
Elles n'appartiennent pas au même groupe au Parlement européen et pourtant, dans le débat qui suit, elles expriment des points de vue parfaitement similaires : lutte contre l'immigration illégale ("l'invasion", selon Anderson), promotion de la liberté d'expression, dénonciation de la Commission européenne supranationale et des revendications écologiques et environnementales qui brident les performances industrielles et agricoles… Virginie Joron se distingue en faisant plusieurs allusions antivax, qui n'attirent que de maigres applaudissements de la salle.
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