Général Baratz, commandant du combat futur : "Avec la robotisation, l'emploi de la force sera plus désinhibé"
Une quinzaine de robots terrestres et une soixantaine de drones interconnectés pour mener des missions tactiques sur le front, à la place d'une compagnie de 150 soldats.
Avec le projet Pendragon, lancé en mars 2025, l'armée de Terre a mis le cap sur la robotisation de ses forces , pour accompagner les missions les plus exposées et les plus dangereuses.
L'initiative pilotée par le Commandement pour le combat futur (CCF), que dirige le général Bruno Baratz, devrait voir le jour à l'été 2027.
L'ancien chef de l'opération Barkhane au Sahel revient sur les leçons du conflit ukrainien et sur les réflexions menées au sein des armées pour anticiper les guerres de demain.
L'Express : L’irruption de drones et de robots terrestres sur le champ de bataille, notamment ukrainien, a considérablement transformé la guerre.
Comment les armées françaises s’adaptent-elles à cette nouvelle donne ? Général Bruno Baratz : Un travail de fond a été lancé au sein de l’armée de Terre pour mieux appréhender le combat de demain, et les nouvelles tactiques que ce dernier implique.
L’ampleur de la révolution actuellement à l’œuvre est comparable à celle que l’on a connue pendant la Première Guerre mondiale, plus précisément dès 1917, avec l’arrivée de la mécanisation du champ de bataille, et l’essor des chars d’assaut.
Nous sommes aujourd’hui à l’aube d’une révolution au niveau militaire, qui implique cette fois-ci le déploiement massif de l’intelligence artificielle , et donc de systèmes de collecte et d'analyse de données.
Tous ces nouveaux systèmes, des drones aux robots en passant par les algorithmes qui permettront d’exploiter plus rapidement les données et d’accélérer la prise de décision, sont particulièrement énergivores.
L’énergie est ainsi devenue un sujet central pour les armées.
Quelles réflexions ont été engagées sur ce front ? Il s’agit avant tout de trouver des moyens de consommer moins d’énergie, ou plus intelligemment.
Cela peut passer par le développement d’intelligences artificielles plus frugales ou par l’optimisation de la production d’énergie sur le terrain - par exemple en installant de petits data centers à proximité des forces.
Cet enjeu est vraiment au cœur de la transformation du combat aujourd'hui.
Il le sera d’autant plus au fur et à mesure que l’on ira vers toujours plus de systèmes connectés, robotisés, de davantage de guerre électronique et de cyber, soit pour attaquer les dispositifs adverses, soit pour protéger les nôtres.
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