D’objet politique à accessoire de mode, le bandana a traversé des siècles, voici sa surprenante histoire
On peut le nouer autour du cou, sur la tête ou même s’en servir comme mouchoir. Mais avant de devenir un accessoire de mode, le bandana a d’abord été un objet pratique et politique qui a traversé les siècles.
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Bien avant d’être associé aux cow-boys, le bandana trouve ses racines dans une longue tradition textile indienne. Depuis des siècles, des hommes et des femmes utilisent des carrés de tissu imprimé pour maintenir ou protéger leurs cheveux. Ces couvre-chefs, souvent fabriqués en coton ou en soie et tissés très serrés, sont considérés comme les ancêtres du bandana. Ils sont appelés « badhnati » , qui signifie « nouer » , selon le journal Les Echos .
Au XVIIIe siècle, l’Inde est réputée pour ses tissus teints. Les compagnies néerlandaise et anglaise des Indes orientales les importent alors en Europe. Le bandana y trouve notamment un nouvel usage auprès des amateurs de tabac à priser. En effet, le tabac laissait des taches sombres sur les mouchoirs blancs et unis. Les tissus indiens, colorés et couverts de motifs, permettaient de rendre ces traces moins visibles. Le média américain Smithsonian Magazine raconte ainsi comment une exportation textile indienne est progressivement devenue un élément de la vie quotidienne européenne et américaine.
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Difficile aujourd’hui d’imaginer un bandana sans le paisley, son motif emblématique. En forme de feuille stylisée, ce dessin est originaire du Cachemire, une région montagneuse du sous-continent indien. Son nom, lui, vient de Paisley, une ville écossaise qui a joué un rôle dans la production textile européenne. Le motif s’inspire des châles du Cachemire et devient progressivement indissociable de l’image du bandana.
L’Europe commence d’ailleurs à fabriquer ses propres bandanas, au début du XIXe siècle. À Mulhouse, en France, les producteurs de teintures mettent au point une version du rouge de Turquie, couleur qui deviendra l’une des plus fréquemment associées au bandana. Le procédé de fabrication est particulièrement complexe. Susan Brown, conservatrice associée des textiles au Cooper Hewitt Smithsonian Design Museum, explique qu’il était si élaboré qu’il a suscité « toutes sortes d’espionnage industriel » .
En Amérique, le petit carré de tissu ne tarde pas à dépasser sa fonction utilitaire. Pendant la période coloniale, certains bandanas sont imprimés avec des cartes pouvant servir de guides de voyage. D’autres deviennent de véritables objets politiques, relate le Smithsonian Magazine . Pendant la guerre d’Indépendance américaine, un bandana représente George Washington à cheval, entouré de canons, accompagné d’un message célébrant son rôle dans la liberté et l’indépendance du pays.
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