Pourquoi la pochette de l’album « Nevermind » de Nirvana, avec un enfant nu, a fait polémique… à deux reprises
Il est de ces images, de ces pochettes de disques dont on sait pertinemment qu’elles ne pourraient plus rencontrer le même succès de nos jours. Celle de l’album Nevermind de Nirvana, sorti dans les bacs, le 24 septembre 1991, relève de cette catégorie. Un bébé de trois mois y figure en effet, photographié nu, flottant dans l’eau, visiblement attiré par un dollar accroché à un fil de pêche par un hameçon. Une façon de symboliser l’abrutissement des Américains, dès le plus jeune âge, par une société consumériste ? Sûrement. L’idée émane en tout cas de Kurt Cobain, chanteur du groupe, qui souhaite dans un premier temps acquérir les droits d’une photo semblable et préexistante afin d’illustrer ce deuxième album. Mais les droits à payer s’avèrent bien trop élevés. En discutant avec leur directeur artistique, Robert Fischer, les membres du groupe décident de demander à un couple, les Elden, l’autorisation de photographier leur enfant, Spencer, moyennant la somme de 200 dollars. Ils acceptent, et le bambin est plongé dans la piscine du Rose Wowl Aquatic Center de Pasadena, près de Los Angeles. Le billet et le fil de pêche sont ajoutés par photo-montage.
Lire aussi : Comment le boys band anglais Worlds Apart tente encore aujourd’hui d’écrire un nouveau chapitre de son histoire
Le succès de l’album Nevermind est colossal. Le groupe Nirvana, originaire d’Aberdeen près de Seattle et déjà fer de lance du mouvement grunge dont la musique se situe quelque part entre le rock indé, la scène metal et le punk hardcore, franchit un cap grâce à ce nouvel effort. En incorporant beaucoup d’éléments pop à leurs productions, envoyant des singles ravageurs en éclaireur tels que Smells Like Teen Spirit ou Come As You Are , les musiciens font mouche. Mais ce carton commercial et populaire attire également l’attention sur cette pochette un brin inattendue. Et sur un détail : le pénis de l’enfant, visible sur la photo.
Plusieurs associations conservatrices manifestent progressivement leur mécontentement, faisant craindre à la maison de disques de Nirvana une mauvaise publicité dont elle se passerait bien. La musique de la formation, virulente et impertinente, n’arrange rien. Mais Kurt Cobain ne flanche pas et campe sur ses positions, arguant que nul ne devrait être choqué par une telle image n’ayant selon lui strictement rien de sexuel. La première polémique passe, sans faire trop de dégâts. Mais la seconde, elle, est plus surprenante.
Elle survient trente années plus tard lorsque Spencer Elden, l’enfant photographié sur la pochette, réclame 150 000 dollars de dommages et intérêts, dénonçant une forme de « pornographie infantile ».
5News a agrégé ce résumé depuis le flux public du média. L'article complet, avec tout le contexte, est sur www.ouest-france.fr — le contenu appartient à Ouest-France.