Attentats de Carcassonne et Trèbes : deux accusés rejugés en appel à Paris
Huit ans et demi après les attentats de Trèbes et Carcassonne, perpétrés par Radouane Lakdim, responsable de quatre morts et abattu par les forces de sécurité, le dossier revient devant la justice. La cour d’assises spéciale d’appel de Paris va rejuger, du 14 septembre au 9 octobre deux des sept personnes de l’entourage du djihadiste condamnées en première instance .
Notamment l’ex-petite amie du terroriste, la seule reconnue coupable d’association de malfaiteurs terroriste (AMT), début 2024, parmi les cinq mis en cause renvoyés en procès pour cette infraction. Marine Pequignot, 26 ans, a été condamnée à trois ans ferme, sans toutefois retourner en prison, après deux ans et trois mois de détention provisoire. Le parquet, qui avait requis onze ans de réclusion a fait appel. Lui estimait qu’elle était au courant de « quasiment » tout le projet d’attaque et « préparait un départ en Syrie ».
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Un troisième accusé, condamné en première instance à trois ans d’emprisonnement dont deux avec sursis pour délit connexe de non-dénonciation de crime, avait fait appel, mais ne sera finalement pas rejugé : il a été expulsé en octobre 2024 au Maroc. N’ayant pas été localisé depuis, il n’a pas reçu de convocation. La cour a décidé de disjoindre son cas du dossier pour un éventuel procès ultérieur. Lui aussi avait clamé son innocence dans cette affaire, qui avait suscité un vif émoi à travers le pays.
Le périple meurtrier de Radouane Lakdim, 25 ans, délinquant radicalisé et surveillé, vivant dans une cité difficile de Carcassonne, avait démarré sur un parking, au matin du 23 mars 2018. Il a alors tiré sur deux hommes, tuant Jean-Michel Mazières, 61 ans, et blessant grièvement le second, âgé de 26 ans, dont il a volé la voiture. Sur la route, il a visé quatre CRS qui rentraient d’un jogging, atteignant gravement l’un d’eux. Puis s’est dirigé vers la commune voisine de Trèbes pour s’arrêter au Super U. Il y est entré à 10 h 39, assassinant aussitôt un employé, Christian Medves, 50 ans, et un client, Hervé Sosna, 65 ans.
Le djihadiste crie « Allah Akbar » et brandit son pistolet, semant vite la panique. Il prend alors une caissière en otage, s’enfermant avec elle dans une réserve. Il lui ordonne d’appeler la gendarmerie, se revendique « soldat de l’État islamique ». Et se vante aussi de ses crimes. Au bout d’une heure, le lieutenant-colonel Arnaud Beltrame le convainc de relâcher l’hôtesse de caisse pour prendre sa place.
Le GIGN donne l’assaut vers 14 h 30. Radouane Lakdim est abattu. Arnaud Beltrame, grièvement blessé, décédera à l’hôpital. Un hommage national a été rendu peu après à l’officier de gendarmerie, unanimement qualifié de « héros ».
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