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« On est vu comme du mobilier urbain » : le para-cycliste Loïc Vergnaud témoigne de la peur des cyclistes sur les routes

Ouest-France ·
« On est vu comme du mobilier urbain » : le para-cycliste Loïc Vergnaud témoigne de la peur des cyclistes sur les routes

Loïc Vergnaud ne supporte plus le danger auquel il est confronté tous les jours sur les routes. « Je passe à peu près 600 heures par an sur le vélo et je crois que lors de 95 % de mes sorties, il y a toujours un problème avec un automobiliste » , peste le vice-champion paralympique, qui a marqué de son empreinte les Jeux de Paris 2024 avec deux médailles d’argent remportées en cyclisme handisport .

Que ce soit lors de ses entraînements ou pendant de simples ballades de loisir, l’athlète de 47 ans, amputé de la jambe droite après un grave accident du travail en 2004, est frappé par le comportement dangereux des automobilistes . « On peut être surpris par un vélo à la sortie d’un virage, mais généralement, ceux qui nous frôlent et nous mettent en danger sont des gens pressés ou sur leurs téléphones , témoigne l’Auvergnat. Peut-être qu’ils croient que la route est faite pour les voitures et les camions, et que les vélos n’ont rien à faire dessus. »

Qu’il soit en handbike ou sur un vélo traditionnel, le natif de Roanne (Loire) voit les véhicules passer à toute vitesse juste à côté de lui, comme s’il n’était pas là. « En handbike, comme je suis sur trois roues, un peu plus gros, un peu plus bas, certains ont tendance à s’écarter un peu mieux, mais il y en a encore beaucoup qui me rasent. »

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Une conduite risquée qu’il attribue à un manque de considération pour les cyclistes de la part des conducteurs. « Je pense que les personnes ne se rendent pas compte qu’on est des personnes, des êtres vivants, ils nous prennent pour du mobilier urbain » , assène Loïc Vergnaud, pour qui les aménagements faits pour les cyclistes n’arrangent d’ailleurs pas forcément les choses. « La ligne blanche donne l’impression qu’il y a un mur entre la route et la piste cyclable, donc les gens ne prennent même plus le temps de s’écarter » , explique-t-il.

Sa solution ? Un radar qui l’avertit de l’arrivée des véhicules. « Dès qu’il y a un véhicule, ça sonne, et je suis concentré sur le fait qu’il peut me frôler. » Mais ce système est loin de prévenir tout risque d’accident, alerte le quintuple médaillé paralympique : « En vélo, on est vulnérable à tout ce qui se passe : un coup de vent, un chien qui traverse, un trou dans le bitume, et on ne peut pas maintenir une trajectoire parfaite. »

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Pour faire ressentir la peur qu’il peut éprouver lors de ses entraînements, le sportif français a donc commencé à poster des extraits vidéo sur les réseaux sociaux. « Là, j’ai eu peur… On est en pleine agglomération, il arrive à 100 km/h derrière moi, il m’a frôlé, ça a bougé. Même avec la sonnette, je ne m’attendais pas à ce qu’il arrive à cette vitesse, j’ai juste entendu le bruit du moteur, il était déjà à côté de moi » , détaille-t-il en revenant sur les dernières images publiées sur son compte Instagram.

Mais Loïc Vergnaud souhaite qu’une réelle sensibilisation soit effectuée dans les autoécoles.

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