En Floride, Little Venezuela vit dans la peur des rafles de l’ICE
La porte de l’appartement se ferme, et Julián Sanabria * remercie le ciel d’être rentré sain et sauf du travail, de n’avoir croisé aucun agent de l’ICE, de vivre un jour de plus à Doral. Le silence s’est abattu sur cette ville du comté de Miami-Dade, en Floride, où les migrants n’osent même plus se montrer à la fenêtre. Avec la multiplication des descentes de la police de l’immigration – et des expulsions –, “Little Venezuela”, ainsi que la surnomment certains médias américains, vit des heures très sombres.
“Comment se fait-il que nous en soyons subitement arrivés à vivre dans une telle peur, avec le sentiment d’avoir quelque chose à nous reprocher ? J’ai arrêté de sortir, comme beaucoup de gens ici. La ville est à l’abandon, déplore Julián Sanabria. Nous ne méritons pas ça ! Je ne vais plus à la salle de sport, je ne vais plus au restaurant, je ne vais plus au supermarché. Je ne sors plus que pour aller travailler, et encore, c’est grâce à des amis qui viennent me chercher et qui me raccompagnent. Je ne me sers pas de ma voiture, vu que le scan des plaques d’immatriculation est leur première façon d’arrêter les gens pour contrôler leurs papiers.”
Ces dernières semaines, les arrestations de migrants aux États-Unis ont bondi. Le 15 août dernier, le ministère de la Sécurité intérie
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