Guillaume Hébrard, astrophysicien : "C'est grâce à une éclipse qu'Albert Einstein est devenu une star"
Non pas une, mais deux coïncidences, tout aussi extraordinaires l’une que l’autre.
Voilà ce que nous réserve bientôt le ciel, avec d'abord une première éclipse, le 12 août prochain.
Si le phénomène est connu, se rend-on bien compte du hasard incroyable auquel il est dû ? "La Lune est 400 fois plus petite que le Soleil, mais 400 fois plus proche de nous : c’est pour cela que les deux astres vus de la Terre semblent avoir la même taille.
Il n’y avait qu’une chance infime qu’il en soit ainsi, c’est totalement fortuit", insiste Guillaume Hébrard , astrophysicien au CNRS, rattaché à l’Observatoire de Haute-Provence et à l’Institut d’astrophysique de Paris, auteur de Fabuleuses éclipses (1).
La deuxième coïncidence, c’est que les astres vont offrir à l’Europe – et à l’Espagne en particulier – non pas une, mais trois éclipses de suite : après celle du 12 août, il y en aura une autre le 2 août 2027 et encore une en janvier 2028.
Une succession rare, dont il faudra profiter : la prochaine éclipse totale de Soleil observable en France n’aura ensuite lieu qu’en...
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Ce spectacle extraordinaire – à savourer avec des lunettes adaptées au risque sinon de souffrir de lésions irréversibles de la rétine – a longtemps été un objet d’étude pour les scientifiques.
Si c’est aujourd’hui moins le cas, l’observation des éclipses totales a néanmoins été à l’origine de plusieurs grandes découvertes.
Le physicien Albert Einstein lui-même doit une partie de sa célébrité à ce fascinant phénomène, comme le rappelle Guillaume Hébrard.
Entretien.
L'Expresss : Les éclipses solaires sont étudiées depuis très longtemps par les scientifiques.
Quels ont été les apports de ces travaux ? Guillaume Hébrard : Ces brefs moments où la Lune occulte le Soleil ont longtemps été le seul moyen de bien observer notre astre.
Comme il est extrêmement brillant, on ne peut pas le regarder directement, pas plus que son environnement proche.
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