ENTRETIEN. « Saint-Pierre-et-Miquelon est une solution pour la France », défend l’ancienne ministre Annick Girardin
Ce samedi 19 septembre, Emmanuel Macron entame un voyage de trois jours à Saint-Pierre-et-Miquelon. Depuis son élection en 2017 et réélection en 2022, Emmanuel Macron n’avait encore jamais foulé la terre découverte par Jacques Cartier au XVIe siècle et devenue française en 1816.
Alors ce week-end, il fera d’une pierre deux coups. D’un côté, une séquence pour afficher l’unité franco-canadienne dans un contexte géopolitique en tension. De l’autre, 72 heures d’escale pour être à l’écoute des 5 790 habitants de ce petit bout de France, le moins peuplé des outre-mer et l’un des plus isolés.
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Pourquoi qualifiez-vous cette première visite du président Macron sur l’archipel d’historique ?
Elle arrive à un moment crucial, au cœur d’un contexte géopolitique très tendu. La rencontre prévue, dimanche, entre Emmanuel Macron et le Premier ministre canadien est une première pour notre territoire. Elle marque la place essentielle de notre archipel dans le bassin de l’Atlantique nord et offre une occasion unique pour le président de réaffirmer la souveraineté française dans la zone. Cela se passe juste au moment où se relance la coopération entre l’Europe et le Canada.
Comment un tout petit territoire peut défendre sa place sur l’échiquier mondial ?
Notre situation géographique en Amérique du Nord est unique. Cet archipel, longtemps comptoir de pêche, peut devenir une plateforme géostratégique aéroportuaire, numérique, spatiale aux portes de la route de l’Arctique, à côté de nos voisins canadiens et américains. La visite présidentielle offrira un vrai coup de projecteur sur ce que nous sommes capables de proposer à la France, à l’Europe.
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Comment présenter votre archipel à ceux qui doutent de cette place stratégique ?
Je présente nos îles comme des perles de l’Archipel-France qu’il faut entretenir et développer. Car nous sommes un territoire qui a des rêves, des ambitions, qui connaît la paix. J’aime rappeler que les Français de Saint-Pierre-et-Miquelon sont des gens courageux, combattants, résilients. Ils ont su montrer, à travers l’histoire, qu’ils ont été des solutions pour le pays dans cette partie du monde. Ils ont encore un rôle essentiel à jouer. Regardons le modèle unique de la relocalisation de Miquelon . C’est un bon exemple de ce que nous sommes capables de réaliser pour nous adapter face à la menace du changement climatique.
Parce qu’elle représente un enjeu de dimension internationale. Nous avons des quotas avec des richesses halieutiques diversifiées, à valoriser, à transformer. Elles représentent autour de 7 millions de ressources pour le territoire, on peut les tripler si on s’en donne les moyens. Je le redis aux acteurs du maritime de l’archipel, il existe bien un avenir après la mono industrie de la morue. Le secteur de la recherche scientifique est aussi à encourager car nos zones de pêche doivent être mieux étudiées.
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