Loi sur la présomption d'usage des armes : près de 50.000 personnes ont défilé partout en France
Des manifestations ont eu lieu dimanche dans toute la France contre la proposition de loi sur la présomption d’usage légitime des armes par les forces de l’ordre. Près de 50.000 personnes se sont mobilisées, dont 21.000 à Paris. Près de 50.000 personnes, dont de nombreux sympathisants LFI, ont défilé dimanche 20 septembre à Paris, Marseille, Lyon ou encore Toulouse contre la proposition de loi sur la présomption d'usage légitime des armes par les forces de l'ordre , qui revient, selon elles, à "un permis de tuer".
Elles répondaient à l'appel de nombreuses organisations de défense des droits humains, dont Stop aux violences d'État, Amnesty International ou encore la Ligue des droits de l'Homme (LDH), mais aussi de la gauche et du syndicat de la magistrature.
"Nos vies méritent d'être vécues, pas abattues - Non au permis de tuer!", "Plus de pouvoir = plus de bavure", pouvait-on lire sur les pancartes dans la capitale, où 21.000 personnes ont défilé selon la préfecture de police, et à Marseille où se sont réunis 4.500 manifestants selon la préfecture.
Qu'est-ce que la présomption d'usage légitime des armes par les forces de l'ordre votée à l'Assemblée? 3:06 Environ 4.500 personnes ont aussi battu le pavé à Lyon et 3.700 à Toulouse, selon les autorités. Au total, sur l'ensemble du territoire, 48.750 manifestants se sont mobilisés, a indiqué le ministère de l'Intérieur.
"La police tue déjà (...), nous devons faire échouer cette loi" qui "ne doit pas être inscrite à l'ordre du jour du Sénat", a déclaré la cheffe du groupe Insoumis à l'Assemblée nationale, Mathilde Panot.
"En République, il ne peut pas y avoir d'organisation d'impunité policière (...). En République, il ne peut y avoir une catégorie de citoyens qui a le droit de vie ou de mort sur d'autres citoyens", a-t-elle estimé à Paris, où la fin de la manifestation a été émaillée de quelques incidents.
Les forces de l'ordre ont brièvement tiré des gaz lacrymogènes, tandis que la vitrine d'une boutique a été brisée, a constaté une journaliste de l'AFP qui a vu une personne blessée au niveau du crâne.
Auparavant, le leader de LFI Jean-Luc Mélenchon , le député Eric Coquerel (LFI) ou encore le maire de Saint-Denis Bally Bagayoko (LFI) se sont joints à la foule compacte qui scandait "A bas la police", depuis la place de la République jusqu'à Nation.
La proposition de loi, votée le 7 juillet par les députés, prévoit que "lorsqu'ils font usage de leurs armes", policiers et gendarmes "sont présumés avoir agi" dans le cadre de la loi. Cette présomption pouvant "être renversée par tout élément de preuve contraire". Les manifestants veulent empêcher son examen au Sénat.
Selon ses défenseurs, la loi permettrait aux membres des forces de l'ordre de ne plus systématiquement être soupçonnés ou placés en garde à vue. Ses contempteurs à gauche dénoncent un risque de "permis de tuer", arguant que des enquêtes sur la conformité des tirs policiers vont être affectées voire empêchées.
"On craint que les violences policières ne s'accroissent encore avec cette loi", explique, dans le cortège à Marseille, Cédric Picard, 48 ans, d'Amnesty International.
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