Ceuta: entre soutien et exaspération, des milliers de personnes manifestent en Espagne un mois après l’afflux de migrants
Un mois après l'afflux illégal de milliers de migrants à Ceuta , des milliers de personnes ont défilé dans les rues du territoire espagnol ce mercredi 2 septembre, jour de la fête officielle du territoire nord-africain.
Scandant "Envahisseurs, expulsion" ou "Ceuta n'est pas à vendre, Ceuta se défend", les manifestants brandissaient de nombreux drapeaux espagnols. Sur une pancarte, un message directement adressé au gouvernement de Pedro Sanchez: "Ceuta ne lâche jamais. C'est le gouvernement central qui lâche".
Des manifestations ont également eu lieu dans de nombreuses autres villes d'Espagne, en solidarité avec Ceuta, mais aussi à l'appel de partis d'opposition de droite ou d'extrême droite, dénonçant le gouvernement de Pedro Sanchez pour sa gestion de la crise. À Madrid, où plusieurs rassemblements étaient organisés, des dizaines de milliers de personnes y ont participé, ont constaté des journalistes de l'AFP.
Les 30 et 31 juillet derniers, plus de 70.000 migrants sont entrés illégalement, à pied ou à la nage, à Ceuta, une des deux seules frontières terrestres de l'Europe avec l'Afrique, avec l'autre territoire espagnol de Melilla. Un afflux qui a fait des dizaines de morts et de disparus.
La plupart sont repartis dans la foulée, mais plusieurs milliers, 5.000, selon le gouvernement du Premier ministre Pedro Sánchez, ou au moins 10.000, d'après les autorités de Ceuta, sont encore présents aujourd'hui, dormant pour beaucoup dans les rues et sur les plages.
La question de l'éventuel rôle du Maroc dans ces incidents est au coeur des débats en Espagne depuis un mois. Des interrogations encore renforcées mercredi par la fuite dans la presse d'un rapport policier pointant notamment la "permissivité" des forces de l'ordre marocaines au moment de ce brusque afflux de migrants.
Mais le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a de nouveau assuré jeudi devant les députés n'avoir aucune "preuve solide" d'une éventuelle implication du Maroc dans la crise migratoire de Ceuta, tout en condamnant fermement des déclarations de ministres marocains revendiquant la souveraineté sur le territoire.
"Si ces preuves solides existaient, nous agirions en conséquence, avec toute la fermeté que la situation exige", a poursuivi Pedro Sánchez, dont la gestion de la crise depuis un mois est vertement critiquée par l'opposition de droite et d'extrême droite, qui est de son côté persuadée que le Maroc a eu un rôle dans ce brusque afflux de migrants à Ceuta.
Il a par ailleurs appelé le roi d'Espagne Felipe VI à visiter Ceuta et Mellila "dans les prochaines semaines", pour leur transmettre "l'engagement absolu de l'État". La dernière visite d'un souverain espagnol, Juan Carlos en l'occurrence, dans ces deux territoires remonte à novembre 2007. Elle avait alors entraîné une crise diplomatique avec le Maroc.
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