"On nous abreuvait de haine de classe" : un documentaire retrace la quête du pouvoir du dirigeant chinois Mao Zedong, 50 ans après sa mort
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Article rédigé par Isabelle Malin France Télévisions Un documentaire en deux parties, intitulé "Mao, le dernier empereur", est diffusé sur France 5 dimanche soir. Il est déjà disponible sur france.tv.
Son portrait trône en majesté depuis plus de soixante-dix ans au cœur de la Cité interdite, sur la place Tiananmen, à Pékin. Toujours célébré par ses successeurs à la tête de la République populaire de Chine et une partie de la population chinoise, Mao Zedong est pourtant le fondateur d'un régime dictatorial totalitaire. Selon les estimations des historiens, la Révolution culturelle qu'il a initiée, est responsable de la mort de dizaines de millions de personnes.
Un documentaire en deux parties, intitulé Mao le dernier empereur , réalisé par Serge de Sampigny et diffusé dimanche 13 septembre à 21h05 sur France 5, relate l'ascension du "Grand Timonier". Ce documentaire tente également d'en décrypter ses multiples facettes. A la fois redoutable chef et habile stratège, il gravit les échelons de l'appareil politique communiste, impose son pouvoir sans partage ni merci et lance des réformes considérables, façonnant à marche forcée une nouvelle Chine, puissance militaire et économique. Un "Grand Bond en avant", à coups de purges, de propagande, de censure, de camps de travail, de massacres et d'épurations.
En 1921, le Parti communiste chinois est créé par une petite poignée d'hommes, soutenus par les bolcheviks victorieux des révolutions russes de 1917 . Parmi les fondateurs, un certain Mao Zedong, âgé de 28 ans, chef à l'époque d'une province reculée du pays. Au fil des années, et dans la clandestinité, il se constitue une véritable petite armée appelée "les rouges", retrace le documentaire. On y retrouve Liu Shaoqi et Zhou Enlai, qui seront respectivement son futur président de la République et son futur Premier ministre.
Dans les années 1930, ils s'installent dans les montagnes de la province de Yan'an, dans des habitations troglodytes, qui ont été depuis sanctuarisées, et que l'on peut désormais visiter. C'est dans ces lieux, devenus le centre névralgique de sa révolution, que Mao pose les bases d'une de ses futures réformes phares : la dépossession des terres des riches propriétaires au profit des petits paysans, dont il prône la libération.
" La haine et rien d'autre" , résume l'ancien communiste et écrivain Wang Ji, aujourd'hui réfugié à l'étranger. "On nous abreuvait de haine de classe (...) A l'époque, on ne pensait pas beaucoup à la bonté de l'humanité. L'humanisme, la bonté humaine, cela a été critiqué tout au long de la période. Toute cette lutte a été bâtie sur la haine et il est très difficile de s'en débarrasser."
Aux graines de la haine que Mao Zedong s'emploie à semer parmi ses partisans s'ajoute son sens aigu de la stratégie. A la faveur de l'invasion du Japon en Chine, qui débute en 1937, Mao décide de s'associer à son grand ennemi, Tchang Kaï-chek, dirigeant du Kuomintang, le parti nationaliste chinois, qui contrôle l'essentiel du pays et contre lequel il mène une guerre civile depuis des années.
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