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"Nous sommes à un moment de vérité" : comment Wero veut vous faire payer européen

L'Express ·
"Nous sommes à un moment de vérité" : comment Wero veut vous faire payer européen

"On se fait un Wero ?" L'expression est devenue familière à une majorité de Français.

Le service de virement entre particuliers revendique 48 millions d'utilisateurs rien que dans l'Hexagone.

On le dégaine facilement, via son application bancaire ou celle de Wero, afin de rembourser un proche, un dîner avancé par des amis, ou pour payer un inconnu après un achat de seconde main… Mais ce n'est que le début.

"Nous sommes à un moment de vérité", estime Thierry Laborde, directeur général délégué de BNP Paribas, l'un des principaux actionnaires d'EPI (European Payments Initiative), la structure derrière Wero.

Début septembre, la banque a réuni autour d'elle quelques grands noms comme Fnac-Darty , Air France-KLM, Orange.

Avec ces prestigieux partenaires commerciaux, Wero se lance dans le paiement en ligne et dans les magasins.

L'objectif : attaquer l'ensemble du Vieux Continent.

Sa raison d'être.

EPI, puis Wero, sont nés de deux constats simples.

D'abord, les banques européennes ont délaissé ce secteur stratégique au profit des entreprises américaines.

Visa et Mastercard captent plus de la moitié des paiements réalisés par carte, un moyen très populaire en Europe, et 13 des 21 Etats de la zone euro en dépendent exclusivement pour leurs transactions domestiques, assure la Banque centrale européenne.

La facture est lourde : jusqu'à 19 milliards d'euros de commissions collectées chaque année par ces acteurs pour des échanges au sein de l'UE, a estimé dans une étude Camille Boulenguer, chercheuse à l'Iris, qui compare cet impact à celui d'un "droit de douane".

S'y ajoutent de nouveaux joueurs, purement numériques : PayPal , puissant en Allemagne, et les portefeuilles Apple Pay et Google Pay, installés par défaut sur les téléphones, qui deviennent des instruments de paiement à part entière.

L'autre question est plus terre à terre : et si les Etats-Unis coupaient le robinet ? Le président américain Donald Trump alimente cette crainte , mais elle émerge en réalité dès 2014, lorsque les Etats-Unis privent plusieurs banques russes des réseaux Visa et Mastercard après l'annexion de la Crimée.

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