Établissements surchargés, absence de travaux… Une rentrée à nouveau dégradée à Mayotte
À Koungou, l’école élémentaire Maraîcher accueille de nouveau 57 classes dans seulement 17 salles. Ce lundi 24 août, les élèves de Mayotte ont fait leur rentrée, mais pour beaucoup, les conditions d’accueil ont peu changé depuis le passage du cyclone Chido, qui a dévasté l’île en décembre 2024.
« Depuis janvier 2025, trois écoles sont réunies en une », déplore Enchia Madi Bossa, enseignante depuis 24 ans à l’école primaire Koungou-Plage, qui n’a pas rouvert ses portes depuis le cyclone. Conséquence : trois rotations d’élèves sont organisées chaque jour. « Les CM1-CM2 n’ont que trois heures de classe par jour et l’établissement se dégrade. On n’arrête pas de se plaindre, mais rien ne change », désespère l’enseignante, qui estime que cette situation pourrait encore durer. L’ancienne école de Koungou-Plage est aujourd’hui inutilisable. « Elle est dans un état catastrophique. Elle a été squattée par des familles qui n’avaient plus de toit. Tout le matériel a été dérobé et l’établissement a été dégradé », poursuit-elle.
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« Rien n’a changé depuis le passage du cyclone », confirme Rivomalala Rakotondravelo, secrétaire départemental de la FSU Mayotte. « Plusieurs établissements du premier degré accueillent encore trois à quatre écoles dans les mêmes murs. »
Une situation qui provoque la colère des parents d’élèves. « À Mzouazia, dans le Sud, mais aussi à Majicavo, au nord de Mamoudzou, ou à Vahibé, des familles ont bloqué l’accès aux écoles ce matin pour protester contre les conditions d’accueil », assure le syndicaliste, qui dénonce également « de gros manquements en matière d’hygiène », avec notamment « des nuisibles dans certains établissements ».
Dans le même temps, les effectifs scolaires continuent de progresser. Près de 120 000 élèves ont fait leur rentrée ce lundi dans le 101e département, selon le rectorat, contre 114 630 un an plus tôt. Dans les salles de classe, la pression se fait directement sentir. « Il n’est pas rare d’avoir 36 à 39 élèves par classe », souligne Bruno Dezile, secrétaire général de la CGT Éduc’action à Mayotte.
Dans ce contexte, le syndicat, rejoint par plusieurs autres organisations, a déposé un préavis de grève. Un rassemblement est prévu jeudi 27 août. « Chaque année, les effectifs d’élèves augmentent, mais cette hausse ne s’accompagne pas de recrutements de personnels et nous n’avons pas de moyens supplémentaires. Lorsqu’on construit des établissements pour 1 500 élèves et qu’on en accueille 3 000, cela se répercute forcément sur les élèves et les personnels. »
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La mobilisation prévue jeudi coïncide avec la visite du Premier ministre Sébastien Lecornu à Mayotte, et vise à interpeller le gouvernement sur les investissements scolaires. « De 2006 à 2016, nous avons vu des investissements importants sur l’île avec la construction de nouveaux établissements du second degré.
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