Lourdes 2026, l’homélie du 17 août : « Soyons des apôtres de cette unité qui vient de Dieu »
Dieu que ces journées ont passé vite ! Tant d’émotions, de fraternité simple, de rencontres les ont fait filer à la vitesse de la lumière et nous voilà déjà sur le point du départ, réunis une dernière fois à la grotte pour saluer Marie, nous confier à elle et nous abreuver à la source avant de prendre la route.
Jésus est là aussi, il nous a rassemblés comme hier ses apôtres avant de les envoyer en mission deux par deux, et nous avons entendu ses recommandations. Partir légers, sans trop de sécurité matérielle, compter sur l’hospitalité en chemin, et annoncer sans peur les merveilles qui débordent de nos cœurs, les mêmes et différentes pour chacun et chacune.
Mais de quoi notre cœur déborde-t-il ce matin ? Au fond qu’avons-nous vécu de si extraordinaire à part les heures d’attente, l’inconfort des déplacements, une intimité parfois réduite à sa plus simple expression ? Que vivons-nous ici et qui nous manque déjà dans le quotidien de nos vies ? Oh comme j’aimerais que dans les cars et dans les trains, durant les heures d’attente, vous puissiez partager ensemble autour de cette question : « qu’est-ce que je trouve à Lourdes et qui me manque tant durant l’année ? »
Pour moi-même, j’ai une réponse, c’est celle qui m’a fait accepter immédiatement d’animer ce pèlerinage. Ce qui me manque le plus et que je trouve d’une façon particulière à Lourdes, c’est ce sentiment d’être ensemble. Si différents mais ensemble. Peut-être parce que personne n’est chez soi durant le pèlerinage, installé dans ses certitudes, dans son personnage, dans sa fonction. Peut-être aussi parce que chacun, hospitaliers, hospitalières, mais aussi malades, jeunes, pèlerins, nous sommes attentifs les uns aux autres, comme un peu décentrés de nous-mêmes.
À Lourdes, nous sommes plus humbles, plus simples aux pieds de Marie. Nous passons notre vie à chercher à nous singulariser, à nous distinguer, parfois à nous jalouser, mais en fait, nous éprouvons quelque chose du ciel sur la terre à Lourdes parce que toutes nos différences, pourtant si visibles, sont mystérieusement abolies. C’est l’idée que nous pouvons nous faire du paradis , où, selon les mots de saint Paul il n’y aura plus ni hommes ni femmes, ni juifs ni grecs, ni esclaves ni hommes libres. On pourrait rajouter ni malades ni bien portants, ni pauvres ni riches, ni blancs ni noirs, ni chrétiens ni musulmans… Et pourtant chacun sera soi-même avec la vie qui a été la sienne, avec ses amours, ses joies et ses peines, ses réussites et ses échecs. Oui, c’est ce mystère de communion qui donne tout son prix à ces journées à Lourdes, nous sentir ensemble.
Au fond, ce bonheur très humain et très divin de nous sentir ensemble dit le fond de notre espérance chrétienne, à la fois son horizon ultime et sa source. Mais plus encore que d’être ensemble, notre espérance est d’être un. C’est la prière de Jésus à son Père au moment du dernier repas :
Que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et moi en toi. Qu’ils soient un en nous, eux aussi, pour que le monde croie que tu m’as envoyé.
5News a agrégé ce résumé depuis le flux public du média. L'article complet, avec tout le contexte, est sur www.la-croix.com — le contenu appartient à La Croix.