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ENTRETIEN. « La sécurité numérique de l’État doit être durcie », explique Alice Rufo, ministre déléguée aux Armées

Ouest-France ·
ENTRETIEN. « La sécurité numérique de l’État doit être durcie », explique Alice Rufo, ministre déléguée aux Armées

Les récents piratages informatiques subis par les ministères ou agences tricolores ont à la fois rappelé la fragilité de nos systèmes informatiques et leur importance. Ces cyberattaques sont aussi le signe que le risque cyber est grandissant et ô combien stratégique. La France est-elle armée pour faire face à ces risques ? Et comment se prépare-t-elle à affronter les autres menaces, notamment venues de Russie ? Réponse avec Alice Rufo , ministre déléguée auprès de la ministre des Armées et des Anciens combattants.

Les récentes cyberattaques contre nos ministères font dire à certains que c’est un front sur lequel la France n’est pas bien armée. Que leur répondez-vous ?

Le niveau de cybermenace qui concerne la France est élevé, que ce soit en haut du spectre, avec des actions de renseignement ou de sabotage, ou en bas du spectre, avec des vols de données. La conclusion qu’il faut en tirer, c’est que la sécurité numérique de l’État doit être considérablement durcie. C’est pourquoi le Premier ministre a demandé la mise en place d’une nouvelle unité spécialisée, capable d’agir rapidement. Ce n’est pas un effet d’annonce pour calmer les esprits, la mesure vise à créer une unité qui permette d’être vraiment au contact des équipes des ministères.

Nous sommes visés car nous avons une influence très importante sur la défense de l’Ukraine

Elle est multiple. Il y a des menaces d’origines étatiques, d’autres viennent de hackers, de groupes criminels… Mais en matière d’attribution, il faut avoir une grande rigueur. Si on dénonçait systématiquement des attaques sans avoir une attribution solide, on pourrait décrédibiliser ce que l’on dit.

Doit-on s’attendre à des ingérences russes durant la campagne présidentielle ?

Le niveau de menace en matière d’ingérence étrangère, notamment russe, lors du débat démocratique qui est devant nous est très élevé. Nous sommes visés car nous avons une influence très importante, comme d’autres pays européens, sur la défense de l’Ukraine. L’affaiblissement des démocraties européennes est à la fois un postulat de départ et un objectif de la stratégie russe.

La Russie n’est pas la seule en cause : les États-Unis ont très clairement annoncé leur volonté de s’ingérer dans le débat démocratique européen, en faveur d’un certain camp. Est-ce acceptable ?

Vous avez raison, il n’y a pas que la Russie. Il y a aussi la Chine ou l’Iran. Concernant les États-Unis, qui sont nos alliés, il faut avoir une discussion d’État à État sur nos intérêts fondamentaux. Soutenir un parti politique, c’est possible, mais on n’a pas le droit de perturber le débat démocratique et donc le choix souverain du peuple français. Donc il faut être...

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