Trop commercial, maire inquiet… Pourquoi le célèbre Ultra-Trail du Mont-Blanc est aujourd’hui sous le feu des critiques
Le décor ne change pas. Les sommets du massif du Mont-Blanc, des milliers de coureurs venus du monde entier, une foule massée dans les rues de Chamonix (Haute-Savoie) et une arrivée au cœur de la ville. Du 24 au 30 août 2026, l’UTMB va une nouvelle fois transformer la vallée en capitale mondiale du trail. L’épreuve reine, longue de 174 kilomètres pour près de 10 000 mètres de dénivelé positif, partira vendredi 28 août, à 17 h 45.
Mais cette 23 e édition ne se résume pas à la bataille sportive entre les meilleurs ultra-traileurs de la planète. Depuis plusieurs années, l’Ultra Trail du Mont-Blanc est devenu le centre de nombreuses critiques. Une contestation qui dépasse désormais largement le cercle des amoureux de D +.
C’est probablement le principal grief formulé par une partie du monde du trail. Créé en 2003, l’UTMB n’est plus qu’une simple course autour du Mont-Blanc. Le groupe UTMB s’est progressivement développé à l’international, jusqu’à créer en 2022 le circuit UTMB World Series, qui regroupe désormais des dizaines d’épreuves à travers le monde. Mais pour certains coureurs, cette expansion pose une question : qui doit décider de l’avenir du trail ? Une seule et même organisation ?
En août 2024, déjà, le journal L’Équipe rapportait les inquiétudes de plusieurs athlètes face à « l’omniprésence » de l’UTMB. Le circuit compte aujourd’hui plus de 40 événements sportifs pour 218 courses réparties sur les cinq continents. L’Américain Dakota Jones estimait notamment que l’organisation contrôlait le trail « comme aucune autre organisation ne l’a jamais fait » .
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Le problème n’est pas nécessairement financier. Jones le reconnaissait lui-même : les athlètes veulent pouvoir vivre de leur sport. Mais certains craignent que la croissance économique de la marque finisse par prendre le pas sur les valeurs historiques du trail : communauté, simplicité, partage et proximité avec la nature. Le partenariat avec le groupe Ironman, qui a pris une participation importante dans UTMB Group en 2021, a renforcé les interrogations sur la transformation de la discipline en véritable industrie sportive.
La fracture a atteint son paroxysme en janvier 2024. Une initiative de deux des plus grandes figures de l’ultra-trail, Kilian Jornet et Zach Miller, a fait trembler l’organisation. Dans un message privé adressé à plusieurs athlètes élites, les deux hommes faisaient part de leurs inquiétudes concernant la direction prise par l’UTMB et son circuit mondial. Le message, révélé publiquement, avait été interprété comme un appel au boycott de l’épreuve.
La polémique avait alors pris une ampleur considérable. Mais tout le paradoxe est là : Kilian Jornet sera bien au départ de l’UTMB 2026. Le quadruple vainqueur de l’épreuve (2008, 2009, 2011 et 2022) a expliqué son retour en affirmant que « c’est là que ça se passe » , signe que la rupture n’est pas définitive. La polémique de 2024 n’a pas fait disparaître l’UTMB. Elle a en revanche ouvert une discussion qui continue de traverser le milieu.
C’est désormais sur le terrain local que la contestation est peut-être la plus forte.
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