OpenAI veut enterrer définitivement le procès contre Apple pour vol de secrets
Apple accuse, OpenAI balaie, et un juge californien tranchera le 1er octobre. La dernière requête en date réclame mieux qu’un simple rejet : l’interdiction pure et simple, pour Apple, de revenir à la charge.
Entre Cupertino et San Francisco, l’été 2026 se sera joué à coups de mémoires judiciaires. Depuis le 10 juillet, Apple poursuit deux de ses anciens cadres, Chang Liu et Tang Tan, ainsi qu’OpenAI et io Products, la société cofondée par Jony Ive, pour détournement de secrets industriels . Cette semaine, les défendeurs ont déposé leur dernière salve écrite : une demande de rejet « avec préjudice » , la formule américaine qui ferme définitivement la porte, l’équivalent d’un match perdu sans revanche possible.
Le dossier d’Apple affirme que ses deux anciens responsables ont emporté ou consulté des informations confidentielles après leur départ. Ils auraient aussi coaché de futures recrues pour contourner les systèmes de sécurité maison au moment de partir avec des documents. La firme réclame en parallèle une injonction préliminaire, histoire de geler tout usage des informations litigieuses pendant la procédure, et une phase de découverte accélérée pour mesurer l’ampleur du détournement supposé.
La réponse des défendeurs tient en une ligne d’attaque, martelée depuis août : Apple n’aurait jamais complété la chaîne exigée par la loi fédérale sur les secrets d’affaires. Identifier précisément le secret, démontrer qu’il mérite protection, prouver l’acte de détournement par chaque défendeur : d’après le nouveau mémoire, aucun des trois maillons ne tient, et les fameux secrets restent des « catégories vagues et fourre-tout » . La pique la plus sèche vise le camp d’en face : « la caractérisation d’avocat ne peut pas se substituer aux faits manquants » .
OpenAI accuse surtout Apple de demander au tribunal de deviner . Un candidat prié d’apporter des « pièces » deviendrait récepteur supposé d’informations confidentielles, un téléchargement avant entretien se muerait en divulgation pendant l’entretien, une simple question sur un projet Apple vaudrait transmission de secrets. Les règles de procédure autorisent les inférences raisonnables ; elles interdisent, tacle le mémoire, que « la spéculation se substitue à l’acte de détournement manquant » .
Apple avait pourtant contre-attaqué mi-août, en assurant que sa plainte liste des secrets précis et des actes précis, et en accusant les défendeurs d’inventer des explications innocentes à des faits qu’elle n’a jamais allégués. Deux exemples nourrissent ce bras de fer : Tang Tan aurait conservé un document interne de départ pour aider, plaide la défense, les futures recrues à respecter les règles de sécurité d’Apple. Chang Liu, lui, aurait accédé à des informations parce que d’anciens collègues lui demandaient de l’aide.
La firme de Cupertino connaît la chanson pour l’avoir déjà chantée. En 2022, elle attaquait la jeune pousse Rivos, accusée d’avoir débauché une quarantaine d’ingénieurs partis avec des gigaoctets de plans de puces. Un juge avait d’abord retoqué une partie des accusations visant la société elle-même, avant qu’Apple ne remuscle sa copie.
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