ENTRETIEN. « Céline Dion, cet ovni » : l’artisan de ses tubes avec Jean-Jacques Goldman raconte la star côté coulisses
Il ouvre la boîte à souvenirs, et ils sont nombreux. Musicaux et humains. À quelques jours du grand retour de Céline Dion sur scène à Paris (à partir du 12 septembre à Plenitude Arena, nouveau nom de La Défense Arena), Érick Benzi replonge, pour Ouest-France qu’il a longuement reçu chez lui dans les Hauts-de-Seine, dans les années passées aux côtés de la chanteuse, notamment avec Jean-Jacques Goldman pour l’album culte D’Eux . Producteur, arrangeur et compositeur, il raconte une artiste « pas du tout diva », généreuse, drôle et d’un professionnalisme hors norme. Avec elle, il a réalisé quatre albums.
Il se souvient par exemple du titre Papillon, qu’il lui chante bout par bout en studio : quelques instants plus tard, Céline Dion restitue presque tout, « l’intention au bon moment » . « Ça te fout les poils », raconte-t-il. Il évoque aussi ses rituels, son rapport au travail, René Angélil, la bulle américaine et ce retour entouré d’incertitudes. Mais aussi cette diète vocale que la star s’imposait, allant jusqu’à ne pas parler une journée entière pour reposer sa voix.
Sur Jean-Jacques Goldman, dont il est resté très proche, Érick Benzi dévoile qu’on lui a proposé de chanter avec Céline Dion à Paris, mais que la discrète personnalité préférée des Français a refusé. Il pourrait néanmoins assister à l’un des concerts.
Elle est mieux… Céline, c’est une histoire de princesse qui a commencé avec une famille de quatorze frères et sœurs [dont elle] au Canada et qui a fini sur le toit du monde. Mais elle a réussi à garder ce côté naturel, simple de son enfance, malgré la pression du business américain. Dans l’intimité, elle a ces réflexes et cette sensibilité. Pour peu qu’on soit un peu pareil, ce qui était le cas avec Jean-Jacques Goldman et moi, c’était très facile de créer un cocon, très chaleureux.
Oui, au moment de l’album D’Eux [1995]. Jean-Jacques [Goldman] m’a appelé en me disant : « Tiens, j’ai envie de faire un album pour une fille qui a une voix, Céline Dion. Est-ce que tu veux participer ? » J’ai écouté quelques trucs, ça ne m’a pas trop touché. Mais j’avais reconnu que c’était une voix exceptionnelle. J’ai commencé à travailler de mon côté sur les maquettes que m’a envoyées Jean-Jacques, avec sa voix à lui. Je ne l’ai rencontrée qu’au moment où on a décidé de travailler les voix. On a discuté et, là, je me suis aperçu à quel point c’était un phénomène.
Elle est arrivée avec René [Angélil, son agent et mari]. Tout de suite, j’ai vu la fusion extraordinaire entre eux. Et ils nous ont mis à l’aise. Elle s’est mise au service des chansons. Céline, elle marche à la confiance. Une confiance absolue s’est instaurée entre elle et Jean-Jacques ; et donc, par extension, avec tous ceux qui travaillaient sur le projet. Ce n’était pas compliqué de créer quelque chose d’intime, on était cinq dans le studio : Céline, René, Jean-Jacques, l’ingénieur du son américain et moi. Tout de suite, on a vu que ça allait être facile humainement.
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