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Ces pommes de terre traversent la France pour nourrir des vaches laitières : une « solution concrète » et solidaire

Ouest-France ·
Ces pommes de terre traversent la France pour nourrir des vaches laitières : une « solution concrète » et solidaire

« C’est en juillet 2026, avant même les récoltes de maïs pour les ensilages, que j’ai été interpellé sur les faibles rendements », explique Erwan Pineau, président des Jeunes agriculteurs de la Mayenne (JA 53). Pour tenter de trouver des solutions pour enrichir les rations destinées aux vaches laitières, « à des coûts abordables », il s’adresse au syndicat agricole, sur le plan national. La piste de la pomme de terre est alors apparue.

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La solution est venue de la Somme, où des agriculteurs disposaient encore de stocks dans leurs chambres froides. À l’approche de la récolte 2026, ils devaient libérer de la place et avaient commencé à épandre leurs pommes de terre. Plutôt que de les perdre, ils ont accepté de les donner aux éleveurs mayennais. « Les pommes de terre nous ont été fournies gratuitement par les agriculteurs de la Somme » , insiste Erwan Pineau.

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Les éleveurs mayennais ont pris en charge le transport. Avec Adrien Moussay, éleveur laitier à Sacé (en Nord-Mayenne), à la tête d’un élevage d’une centaine de vaches laitières, et Sabrina Barbé, animatrice des JA 53, le dispositif a été organisé avec l’appui des JA nationaux. « Adrien s’occupait de la partie logistique et du transport » , précise Erwan Pineau. Au total, 23 semi-remorques de 30 tonnes ont acheminé environ 700 tonnes de pommes de terre vers 13 exploitations mayennaises.

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« Il fallait livrer au bon moment. À l’air libre, les pommes de terre ne tiennent pas plus de quinze jours » , explique Erwan Pineau. La technique consiste à alterner les couches : « On met une couche de maïs dans le silo, puis une couche de pommes de terre, et on remet du maïs par-dessus. » L’objectif est d’apporter de l’énergie à des maïs pauvres en grains. « Les pommes de terre ont 20 % de matière sèche, 65 % d’amidon et représentent une valeur de 1,20 UFL (Unité fourragère lait) » , indique-t-il. Cette unité de mesure correspond à la quantité d’énergie nette absorbable pendant la lactation ou l’entretien d’un ruminant, 1 UFL correspondant à 1 700 kcal.

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Les premiers résultats sont encourageants. « Mes collègues ont gagné deux litres en moyenne par vache et par jour. Le résultat semble satisfaisant ! » L’initiative a également alerté les transformateurs du nord de la France, qui ont racheté des stocks par crainte d’une pénurie, alors que les récoltes 2026 s’annoncent plus faibles.

Ces pommes de terre qui étaient promises à l’épandage ont trouvé une nouvelle destination, dans les silos de 13 élevages mayennais. « Cette opération montre qu’on peut trouver des solutions concrètes quand on travaille ensemble », conclut Erwan Pineau.

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