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Édouard Balladur, ancien Premier ministre et figure de la droite libérale, est mort à 97 ans

Ouest-France ·
Édouard Balladur, ancien Premier ministre et figure de la droite libérale, est mort à 97 ans

La droite française a perdu l’une de ses figures. Édouard Balladur, tenant de la droite libérale et ancien Premier ministre, est mort ce lundi 31 août 2026, à l’âge de 97 ans, a annoncé sa famille à l’Agence France-Presse (AFP).

Rythmée par ses passages à Matignon et à Bercy, la carrière du natif d’Izmir (Turquie) fut également marquée par les procès liés à l’affaire Karachi, ainsi que par une rivalité avec un certain Jacques Chirac .

Les divergences entre les deux hommes avaient culminé en 1995, en marge d’une élection présidentielle à laquelle ils concourront tous deux. Au soir du 23 avril 1995, il n’y aura pourtant qu’un seul candidat de droite au second tour, face au socialiste Lionel Jospin. Ce sera Jacques Chirac. Troisième avec 18,58 % des suffrages (contre 20,84 % contre son rival de droite, arrivé deuxième), Édouard Balladur livrera, à son corps défendant, un discours de défaite qui rentrera dans l’histoire politique française.

Non pas la grande Histoire, celle des envolées lyriques et des grands projets, mais la petite, celle des petites phrases et des répliques manquées. Son « Je vous demande de vous arrêter » , lancé à ses militants qui huaient le nom de Jacques Chirac, passera ainsi à la postérité.

Défait, Édouard Balladur regardera ensuite son rival entrer à l’Élysée puis valider la formation d’un gouvernement dont lui, l’ancien favori des sondages, ne fera évidemment pas partie.

Les Chiraquiens, qui accuseront toujours Balladur d’avoir trahi leur champion en annonçant sa candidature, n’y verront que justice. Dans ses Mémoires, l’ancien président de la République décrira lui son rival comme « un calculateur froid » avec lequel il n’aura jamais eu « d’explication d’homme à homme » . Le conflit entre les deux hommes fera naître un trait de fracture durable au sein de la droite.

Quelques années plus tôt, Édouard Balladur et Jacques Chirac avaient pourtant été les deux maillons d’un même gouvernement : celui qui, entre 1986 et 1988, naquît de la défaite de la gauche de François Mitterrand aux législatives.

Le président de la République avait alors appelé le Corrézien à Matignon. Puis celui-ci avait nommé Édouard Balladur, alors député de Paris, au stratégique poste de ministre de l’Économie avec l’étiquette de « ministre d’État ».

À une époque où le libéralisme règne en maître dans le monde anglo-saxon, dominé par Margaret Thatcher et Ronald Reagan, Édouard Balladur en applique les recettes dans l’Hexagone. Avec une conviction teintée de fermeté. « Le mot “flexibilité” ne me fait pas peur, pas plus que le mot “libéralisme” » , expliquera-t-il, des années plus tard, dans une interview au Monde .

Son passage à Bercy le voit ainsi reprivatiser Saint-Gobain, Matra, Paribas, Suez ou la Société Générale. Il sera également marqué par la libéralisation des prix et des investissements étrangers.

La cohabitation, Édouard Balladur la connaîtra également au poste de Premier ministre, au terme d’un second septennat mitterrandien crépusculaire.

Entre 1993 et 1995, on parlera de « cohabitation apaisée », voire de « cohabitation de velours ».

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