La Chine installe ses usines en Europe : "Plus on s’éloigne de Bruxelles, moins Pékin est un rival"
La leçon est d’autant plus douloureuse qu’elle est donnée à domicile.
Début avril, à deux pas des Champs-Élysées, le groupe Chery – premier exportateur automobile chinois et maison mère des marques Omoda et Jaecoo – fête son lancement dans l’Hexagone.
Le clou du spectacle ? Un défilé de robots zigzagant en musique au milieu du public, médusé.
Le patron, Yin Tongyue, savoure la scène.
Interrogé sur l’avenir de l’industrie automobile , il sourit modestement : "Notre objectif n’est pas de gagner, juste d’apporter notre contribution".
Chaque mot est pesé, jusqu'à parler des "professeurs européens" qui l'ont inspiré.
Subtile façon de remuer le couteau dans une plaie béante : quelques décennies plus tôt, l'Allemand Volkswagen ou encore le Français Citroën étaient partis à l'assaut du marché chinois.
La roue tourne.
Dans la liste de ses projets, Yin Tongyue évoque un possible site de production en France.
Deux ans plus tôt, il annonçait son installation à Barcelone dans une ancienne usine Nissan pour y fabriquer des véhicules électriques, en coentreprise avec le constructeur local Ebro.
Comme Chery, d’autres poids lourds chinois placent leurs pions sur le Vieux Continent.
A l’image de BYD et de son immense usine en Hongrie .
Ou du mastodonte des batteries CATL, qui construit une gigafactory à Saragosse aux côtés de Stellantis.
L’idée est astucieuse : produire des véhicules électriques localement permet d'éviter les droits de douane européens.
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