Dette américaine : "Les Etats-Unis ont fait le pari des obligations à court terme, et ils l'ont perdu"
Donald Trump en avait-il vraiment l'intention ? Lors des campagnes de 2016 et 2024, le président américain avait promis à plusieurs reprises de s'attaquer au mur de la dette.
Avec un cocktail détonnant : des baisses d'impôts censées soutenir la croissance, la renégociation des accords commerciaux entre les Etats-Unis et le reste du monde, et la promesse de réduire massivement les dépenses.
Un Département de l'efficacité gouvernementale, le Doge, avec à sa tête Elon Musk, avait même été créé pour tailler dans les administrations.
En vain.
Une fois n'est pas coutume, Donald Trump a fait tout et son contraire.
La première puissance économique et militaire mondiale vient de franchir la barre des 40 000 milliards de dollars de dette , deux fois plus que lors de son premier mandat.
Pour l'économiste Adrien Matray, conseiller adjoint en matière de politique monétaire à la Réserve fédérale d'Atlanta, le problème est, en réalité, bien plus ancien et profond.
La dette américaine n’a pas explosé avec Donald Trump : elle s’est surtout envolée avec le Covid.
Mais, contrairement à la plupart des autres grandes économies, les Etats-Unis ne sont jamais vraiment parvenus à la faire redescendre depuis.
Le véritable point de fragilité se trouve dans la structure même de cette dette.
Près d’un tiers des emprunts américains arrive à échéance d'ici u, la proportion la plus élevée, et de loin, parmi les pays développés.
L'Express : La dette américaine vient de dépasser les 40 000 milliards de dollars, soit près du double de 2016.
Quelles sont les principales raisons de ce bond ? Adrien Matray : La comparaison avec 2016 est un peu trompeuse.
La bonne mesure n'est pas le montant en dollars, mais le rapport entre la dette et la richesse produite chaque année par le pays : le PIB.
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