Yvette Roudy, pionnière des droits des femmes, est morte à 97 ans
Avant Yvette Roudy, l’égalité entre les femmes et les hommes figurait déjà parmi les grands principes : elle a eu la bonne idée de vouloir l’appliquer.
L’ancienne ministre, décédée ce mardi 18 août à 97 ans, en avait fait le fil rouge d’une carrière politique de plusieurs décennies.
Sa disparition, annoncée par son neveu Jean-Pierre Saldou, est survenue dans la résidence médicalisée de Cabestany, dans les Pyrénées-Orientales, où elle vivait depuis trois ans.
Première titulaire d’un véritable ministère des Droits de la femme, de 1981 à 1986 sous François Mitterrand, Yvette Roudy avait donné à ce portefeuille une consistance qui dépassait largement son intitulé.
L’IVG, du droit à l’accès Le premier dossier suffit à situer l’époque.
L’IVG était légale depuis la loi Veil de 1975, mais pas encore remboursée par la Sécurité sociale.
Yvette Roudy obtient ce remboursement en 1982 et se bat pour que des places soient réservées dans les hôpitaux.
L’année suivante, elle fait voter la loi qui portera son nom sur l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes.
Le texte interdit notamment de refuser une embauche, une promotion ou une formation en raison du sexe et impose aux entreprises un "rapport de situation comparée".
L’application, elle, prendra davantage son temps : Yvette Roudy dénoncera pendant des années le peu d’empressement à faire respecter la loi.
Les premières sanctions contre certaines entreprises n’arriveront que des décennies plus tard.
Des bureaux aux bancs de l’Assemblée Son parcours politique ne s’arrête pas au ministère.
Députée européenne, trois fois députée du Calvados, maire de Lisieux de 1989 à 2001, elle devient aussi, à la fin des années 1990, une ardente promotrice de la parité.
Elle avait commencé loin de ces fonctions : née à Pessac en 1929 dans un milieu modeste, elle travaille dès 16 ans comme dactylo, avant de partir en Grande-Bretagne et de traduire "La Femme mystifiée", de Betty Friedan, en 1964.
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