"C'est de plus en plus dangereux pour un petit pays de rester en dehors de l'Union européenne": alarmée des visées de Donald Trump sur le Groenland, l'Islande organise un référendum sur la reprise des négociations d'adhésion avec Bruxelles ce samedi
Les Islandais sont appelés samedi à se prononcer sur une reprise des négociations d'adhésion avec l'Union européenne lors d'un référendum au résultat très incertain. Rester maître chez soi ou explorer la piste d'un ancrage européen dans un monde plus menaçant? L'Islande se prononce samedi sur une reprise de ses négociations avec l'Union européenne , lors d'un référendum au résultat très incertain. La consultation ne porte pas sur l'adhésion elle-même, mais sur la réouverture de discussions avec Bruxelles, interrompues en 2013, pour déterminer les conditions dans lesquelles l'île de 400.000 habitants pourrait rejoindre l'UE, notamment dans le secteur hypersensible de la pêche.
"Un oui réduirait les risques: tout le monde aimerait connaître l'avenir. Là, on aurait un accord concret sur la table et des réponses à toutes les questions qui se posent", dit-elle à l'issue d'une "réunion d'écoute" à Selfoss. Comme dans cette petite ville en terres agricoles, à une cinquantaine de kilomètres de Reykjavik, la dirigeante sociale-démocrate a effectué une tournée à travers le pays pour écouter les questions et les craintes de ses concitoyens.
Samedi, ils devront répondre à la question "L'Islande doit-elle reprendre les négociations d'adhésion avec l'Union européenne?". En cas de victoire du "oui", un éventuel accord avec Bruxelles ferait l'objet d'un nouveau référendum et nécessiterait probablement une modification de la Constitution ainsi qu'une ratification par les Vingt-Sept. L'île avait présenté une candidature en 2009, après la crise financière qui avait terrassé son économie. Les négociations, ouvertes en 2010, avaient été gelées trois ans plus tard après l'arrivée au pouvoir d'une coalition eurosceptique.
Annalisa Cappellini : Balkans, l'UE change sa méthode d'adhésion - 05/06 3:06 Le décor a aujourd'hui radicalement changé. "L'UE regarde autour d'elle, elle conclut des accords avec l'Inde, avec le Mercosur. Nous voyons changer le climat mondial, avec des droits de douane utilisés comme des armes", souligne Kristrun Frostadottir. Dans une économie redevenue prospère mais avec une devise volatile, les Islandais subissent une inflation et des taux d'intérêt élevés: la banque centrale vient de relever son taux pour la troisième fois depuis le début de l'année, à 8%. De quoi rendre l'adoption de l'euro attrayante aux yeux des ménages endettés.
Au plan international, le retour de la guerre en Europe avec l'invasion russe de l'Ukraine a bousculé les certitudes sécuritaires. L'imprévisibilité de Donald Trump et ses velléités sur le Groenland voisin ont ajouté aux inquiétudes: stratégiquement située aux portes de l'Arctique, l'île de l'Atlantique Nord n'a pas d'armée et dépend de l'Otan ainsi que d'un accord bilatéral avec les États-Unis pour sa défense. "Les bouleversements géopolitiques auxquels nous avons assisté récemment ne sont pas à l'origine de ce référendum. Mais, bien sûr, ces préoccupations pèsent sur le débat", décrypte Eirikur Bergmann, professeur de science politique à l'université de Bifröst.
Les sondages montrent que la population est quasi équitablement partagée en deux camps.
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