Et si on maîtrisait la cryopréservation
Trois questions au Dr Alexander German, coauteur d'une nouvelle technique de vitrification qui permet de préserver le tissu cérébral d'une souris et de garder les synapses fonctionnelles après décongélation. Cet article, écrit par Chisato Goya, est extrait du mensuel Sciences et Avenir n°953-954 , daté juillet-août 2026.
Sciences et Avenir : pourquoi conserver des tissus cérébraux humains congelés ?
Dr Alexander German : à court terme, cela permettrait de remplacer certaines expérimentations animales dédiées à la recherche sur les maladies neurodégénératives. Pour la maladie d'Alzheimer, on utilise un modèle murin génétiquement modifié pour développer une pathologie ressemblant à Alzheimer mais qui n'est pas Alzheimer.
Cette approche imparfaite n'aboutit pas à un traitement curatif. À la place, on pourrait prélever des tissus cérébraux lors de l'autopsie d'un patient avec Alzheimer puis les congeler. Ces échantillons pourraient être utilisés des années plus tard pour tester de nouveaux candidats-médicaments.
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Si on arrive à cryopréserver des organes entiers, il y aura des bénéfices pour les greffes d'organes. Une fois prélevé, un cœur doit être transplanté dans un délai de 4 à 6 heures.
Une congélation partielle permettait d'allonger ce délai à quelques jours ou semaines, et de planifier des greffes d'un continent à un autre. La technique de vitrification permettrait, elle, de conserver les tissus pendant des siècles !
Je suis prudemment optimiste à ce sujet. Nous sommes, hélas, encore très loin des visions futuristes des films de science-fiction, de voyages dans le temps, d'explorations de planètes lointaines ou de cryoconservation d'un patient dans l'attente d'un traitement.
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