Attaquée par les Houthis, l’Arabie saoudite découvre les limites de son alliance avec Washington
Avec la reprise du conflit avec les Houthis du Yémen, le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane mesure les limites du parapluie sécuritaire américain. Donald Trump ne veut pas s'impliquer dans la reprise du conflit et Riyad constate que Washington, pilier de sa sécurité depuis des décennies, ne viendra pas à son aide alors que ses exportations pétrolières sont menacées.
Par : Marc DAOU Longtemps persuadée de pouvoir compter sur le parapluie sécuritaire américain, l’Arabie saoudite se heurte aux limites de son alliance avec Washington. Notoirement opposée à la guerre entre les États-Unis et l’Iran, par crainte des conséquences sur sa sécurité et son économie, la pétromonarchie se retrouve désormais entraînée dans le conflit, malgré elle, avec la reprise des attaques des Houthis yéménites .
Après plusieurs années d’accalmie consécutives à la trêve de 2022, le conflit qui oppose l'Iran aux États-Unis depuis le 28 février a ravivé la guerre au Yémen, dans laquelle Riyad est engagé depuis 2015, à la tête d’une coalition militaire arabe opposée aux rebelles chiites, alliés de Téhéran.
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Le 20 juillet, ces derniers ont annoncé un "blocus” maritime visant les navires saoudiens en mer Rouge , présenté comme une riposte au "siège” imposé selon eux au Yémen, avant d'intensifier leurs attaques contre le royaume et ses infrastructures pétrolières depuis début septembre. Des attaques qui se sont rapprochées du cœur du royaume. Mardi, la défense antiaérienne saoudienne a affirmé avoir intercepté un drone au sud de La Mecque . Riyad, accuse les Houthis d’avoir visé la ville sainte, ce qu'ils démentent.
Même les débouchés commerciaux saoudiens ne sont plus à l’abri. Après avoir pris le contrôle de la rive yéménite du détroit de Bab el-Mandeb , passage stratégique entre la mer Rouge et le golfe d'Aden, les Houthis ont affirmé que seuls les navires saoudiens seraient visés, les autres bâtiments, notamment américains, restant autorisés à circuler.
Un coup dur pour les exportations pétrolières du pays, qui doit déjà composer avec les perturbations affectant l'autre grande artère maritime de la région, le détroit d'Ormuz , bloqué par l'Iran, et la fermeture temporaire de son oléoduc Est-Ouest, endommagé par des drones lancés depuis l’Irak .
C’est dans ce contexte que, selon le média américain en ligne Axios , le prince héritier et dirigeant de fait de l'Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane (MBS), avait appelé Donald Trump à deux reprises, le 10 septembre, pour lui demander d’ordonner des frappes contre les Houthis . En vain, le président américain a éconduit son "ami” MBS.
Donald Trump a même expliqué le lendemain que c’est à la demande des Houthis que l’armée américaine n’intervient pas dans le conflit avec l’Arabie saoudite. "Nous avons eu des discussions. Les Houthis nous ont appelés" et "ils ne veulent pas que nous nous en prenions à eux", a-t-il déclaré .
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