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"Il faudra une période d'adaptation de trois à six mois": on émet 2,5 milliards de factures par an en France, mardi prochain elles devront être électroniques (mais les experts-comptables sont plutôt "confiants")

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"Il faudra une période d'adaptation de trois à six mois": on émet 2,5 milliards de factures par an en France, mardi prochain elles devront être électroniques (mais les experts-comptables sont plutôt "confiants")

Réuni ce jeudi à la REF organisée par le Medef, le Conseil national de l'ordre des experts-comptables a admis qu'il risquait d'y avoir quelques problématiques liées au lancement de la facturation électronique. Même s'il assure être "confiant" quant à une application rapide et efficace de la réforme, dont l'entrée en vigueur est prévue mardi prochain. Alors que la réforme de la facturation électronique doit entrer en vigueur ce mardi 1er septembre, les entreprises françaises semblent loin d'être tout à fait prêtes. Ce mercredi, le cabinet de David Amiel, ministre de l'Action et des Comptes publics, a estimé que seules 58% des 4 millions d'entreprises prioritaires - sur les 11 millions du parc français - serait prête au 1er septembre.

L'Ordre des experts-comptables, qui accompagne 3,5 millions d'entreprises, a bien conscience du départ raté chez de nombreux patrons, qui ne seront pas sanctionnés jusqu'à 2027.

Même chez les entreprises préparées à cette révolution - 2,5 milliards de factures sont émises en France chaque année -, les risques d'un lancement loin d'être fluide, notamment d'un point de vue administratif, sont connus.

Tous s'appuient sur la comparaison avec la Belgique. "On est plus avancés qu'eux", assure Damien Charrier, président du Conseil national de l'ordre des experts-comptables. Le voisin a adopté la facturation électronique le 1er janvier 2026 et la veille, seules 50% des entreprises étaient prêtes. Deux mois plus tard, elles étaient toutes en conformité et le digital est depuis devenu la norme.

Entre-temps, la centaine de plateformes disponibles pour émettre sa comptabilité a été réduite à une quarantaine, entre rachats, faillites et regroupements. En France, elles sont encore 138 et le choix parmi cette offre pléthorique est d'ailleurs l'un des freins majeurs pour les entrepreneurs, notamment les plus petits.

Contrairement à l'Italie, qui n'a qu'un canal unique, chaque option a ses particularités. Certaines sont gratuites, d'autres non, et toutes restent plus ou moins adaptées à un corps de métier. Et impliquent ainsi le risque pour les entrepreneurs de se tromper et de devoir migrer rapidement vers un autre opérateur.

Il faudra d'abord que le 1,6 million d'entreprises identifiées "cœur de cible" par Bercy qui n'ont pas encore fait leur choix se mette à la page avant 2027. Une formalité, d'après l'Ordre des experts-comptables.

Cela fera aussi gagner de l'argent à l'État, qui pourra mieux traquer les fraudes à la TVA. Les premières estimations chiffrent à 2 à 3 milliards d'euros de gains annuels sur cette taxe.

Pour aller plus loin -> De Jean-Luc Mélenchon à David Lisnard, la facturation électronique obligatoire dans le viseur des candidats à la présidentielle

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