« Je n’en veux à personne » : Jacques, de la rafle du Vél’ d’Hiv au pardon
Le 16 juillet 1942, ses parents font partie des 13 000 personnes arrêtées lors de la rafle du Vél’ d’Hiv , à Paris. Jacques et son petit frère y échappent de justesse. Dans le centre de rassemblement, un officier allemand décide, in extremis, de les laisser avec leur demi-sœur Paulette, qui n’était pas fichée dans les listes : « C’est pour ça que je suis là avec vous aujourd’hui. »
Ses parents seront déportés et assassinés dans le camp de concentration d’Auschwitz. « À Auschwitz il y a le nom de mon père, de ma mère, de ma tante. Ils sont partis le 24 juillet dans des trains, vous savez ces trains marchandises, personne n’est revenu. »
Paulette emmène ses frères à Châteaubriant, chez les Roul, une famille catholique qui les accueille sans condition. Cette famille de six enfants, dont trois prêtres, va marquer à tout jamais Jacques par son altruisme. C’est là que naît l’attirance de Jacques pour la foi chrétienne : « Ça m’a marqué tous ces gens généreux, le risque qu’ils ont pris pour nous, c’est l’exemple qui m’a marqué et j’ai demandé à être instruit dans la religion catholique. » Il est baptisé le 22 décembre 1942.
Après la Libération, Paulette, Jacques et Marcel rentrent à Paris, où leur immeuble a été détruit. Jacques envisage un temps le sacerdoce, avant d’y renoncer. En 1954, il s’installe dans un habitat communautaire chrétien à Boulogne-Billancourt, où il vit encore, et fait carrière dans la publicité pour le groupe Bayard, avant d’être ordonné diacre en 1994, à 64 ans.
Depuis, il témoigne dans les écoles comme l’un des derniers rescapés directs de la rafle : « Ça me fait beaucoup d’émotions, mais je le fais quand même. » Aujourd’hui, à 96 ans, il dit ne garder de rancune envers personne : « Je crois que c’est essentiel le pardon, moi je n’en veux à personne. » Il rappelle que sa survie tient à la fois à un policier français qui a fait « un sale boulot » et à un officier allemand qui lui a sauvé la vie.
5News a agrégé ce résumé depuis le flux public du média. L'article complet, avec tout le contexte, est sur www.la-croix.com — le contenu appartient à La Croix.