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« C’était ça ou mourir » de Thélyson Orélien s’annonce déjà comme le phénomène de cette rentrée littéraire

Le HuffPost ·
« C’était ça ou mourir » de Thélyson Orélien s’annonce déjà comme le phénomène de cette rentrée littéraire

Amélie Nothomb, Philippe Jaenada, mais aussi Aurélien Bellanger et l’Américaine Laura Kasischke sont de retour en librairie. Ils sont loin d’être les seuls. En cette rentrée littéraire , 461 romans doivent être publiés. L’un d’eux s’annonce déjà comme un phénomène : C’était ça ou mourir , qui parait ce mercredi 19 août, aux éditions Grasset .

Parmi les plus attendus depuis son succès au Canada, le premier livre de Thélyson Orélien est un événement. Son histoire, c’est celle d’un certain Jonas Dorléon, un prof d’histoire-géo de Port-au-Prince, à Haïti. Un matin, celui-ci se lève, entend un premier « POW ». Cette fois, c’est décidé : il va fuir la terreur, la violence, le chaos des gangs.

Équipé de son seul sac plastique Carrefour (à l’intérieur duquel il a rangé un slip, une photo de sa mère, son diplôme et un recueil de poésie), ce dernier espère rejoindre le Québec, où l’attend une cousine éloignée. Le chemin n’est pas gagné, et va s’avérer plus dangereux, tragique et hostile à chaque étape, chaque frontière.

À cheval entre la République dominicaine, le Mexique, le Brésil, mais aussi l’Amérique de Trump, la jungle, la neige, un autobus surchauffé et une interface en ligne digne du « futur de l’inhumanité », son exode est parsemé d’humiliations. Il évolue au gré des visages et des rencontres, nous plongeant dans la psyché du héros.

Son épopée au titre équivoque est haletante. Déchirante, surtout. Un jour, se rappelle Jonas, un père et sa fille « ont dû traverser une rivière. Pas très large, mais profonde, et surtout vicieuse. […] L’homme a glissé. La gamine aussi. […] On a réussi à repêcher le père. Mais pas la fille. Après, il ne parlait plus. »

Lui n’élude rien de la dureté du périple, non sans sarcasme. « Un après-midi, un touriste canadien m’a demandé combien je gagnais par jour , raconte-t-il. J’ai répondu : “Depende del clima y del racismo.” (Ça dépend de la météo et du racisme.) Il a ri. Il m’a laissé dix pesos. Son rire était plus lourd que sa pièce. »

Vous l’avez compris, l’écriture est précise, imagée. Elle porte un texte ancré dans le réel sur l’accueil à géométrie variable des migrants. Des États-Unis, il dit par exemple : « Ce pays, il t’accueille avec des barbelés, des hélicoptères et des chiens. […] Ce pays qui avait choisi un président capable de désigner Haïti comme un “shithole country”. »

C’était ça ou mourir n’est pas autobiographique, mais reste marqué par l’histoire personnelle de son auteur. Thélyson Orélien, qui dit avoir documenté son récit de témoignages pour sortir le lecteur du questionnement et l’amener dans la compréhension, vient lui-même de Haïti, pays qu’il a quitté après le séisme de 2010.

Originaire d’une famille protestante de classe moyenne, il y est né en 1988. Son père l’a nourri de livres, dont ceux d’Homère. Sa mère, elle, l’a encouragé à écrire, la poésie notamment. Après des études à Port-au-Prince, il a poursuivi son chemin à Montréal. Là-bas, il y a découvert une diaspora haïtienne. Des rencontres sont nées. Des réflexions, aussi.

Ses questionnements liés à l’exile ont pris une place grandissante au fil de ses années à l’étranger, puis dans ses premiers écrits (des poèmes principalement).

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