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"Selon moi, les enfants cliquent au hasard" : la thèse d'un économiste suédois sur la chute des résultats Pisa

L'Express ·
"Selon moi, les enfants cliquent au hasard" : la thèse d'un économiste suédois sur la chute des résultats Pisa

Au vu de la dégradation des derniers résultats Pisa , faut-il s'inquiéter pour la croissance économique des pays concernés ? En 2023, deux économistes suédois, Gabriel Heller-Sahlgren et Henrik Jordahl, avaient confirmé de précédentes recherches en mesurant le lien entre les performances des élèves à ces tests internationaux et l'évolution du PIB.

Mais "la réalité est plus complexe", tempère auprès de L'Express Gabriel Heller-Sahlgren, du Research Institute of Industrial Economics de Stockholm.

Le chercheur, passé par la London School of Economics pour mener des travaux sur la politique éducative, note que Pisa mobilise fortement les compétences en compréhension écrite, y compris en maths et en sciences, et que les enfants ont de plus en plus tendance à répondre (trop) rapidement.

Signe de leur désintérêt pour l'exercice, pas forcément de leur incapacité à réussir.

De quoi perturber les thermomètres.

L’Express : Que démontrent vos recherches sur le lien entre l’éducation et la croissance économique ? Gabriel Heller-Sahlgren : Notre travail, avec Henrik Jordahl, de l'université d’Örebro, est le prolongement des travaux publiés en 2015 par Eric Hanushek (université de Stanford) et Ludger Woessmann (université de Munich).

Leur constat de départ est qu'il existe un lien entre capital humain et croissance économique.

Historiquement, on évaluait ce capital humain par le niveau moyen de scolarisation dans la population, avec l’inconvénient qu’il porte sur des volumes d'enfants en classe, et non sur ce qu'ils apprennent réellement à l'école et dans l'enseignement supérieur.

L'idée est donc d'utiliser les scores aux tests pour connaître le niveau de compétence de la population.

Les résultats de notre recherche, fondée sur l'observation des données de 1960 à 2016, confirment qu’il existe une corrélation frappante entre les résultats des enfants à ces tests - principalement TIMSS, Trends in International Mathematics and Science Study - et la croissance sur longue période.

Si l'on interprète cette association comme causale, augmenter les scores d'un écart-type, c’est-à-dire environ 100 points Pisa en moyenne sur la période, relèverait la croissance annuelle moyenne de 1,3 %.

Sur le long terme, l'effet cumulé est considérable.

Vous analysez notamment l’influence de la part d’élèves les plus performants.

Avec quelle conclusion ? La question est de savoir s’il faut privilégier les enfants les plus performants, capables de devenir chercheurs en IA, ou plutôt élever le niveau moyen du plus grand nombre, c'est-à-dire réduire la part des élèves faibles.

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