Elle aurait "des arguments" pour encore abaisser la note : Fitch se penchera vendredi sur la note souveraine de la France
La croissance s'est enrayée après le choc énergétique, même si l'économie, pour le moment, tient. L'agence Fitch mettra à jour vendredi soir sa notation de la dette française, dans un contexte économique toujours difficile et à quelques semaines de la présentation du dernier budget avant l'élection présidentielle, alors que le sujet de la dette revient au coeur des débats politiques.
Depuis septembre 2025, Fitch Ratings note la France A+, considérant ainsi sa dette comme "de qualité moyenne supérieure" . Cette note est assortie d'une perspective stable, ce qui signifie qu'il est peu probable - mais pas impossible - que l'agence de notation la modifie à moyen terme.
Lors de sa dernière actualisation, début mars, l'agence de notation saluait la solidité de l'économie française et de ses institutions, tout en pointant une dette publique élevée et un contexte politique limitant les possibilités d'assainir les finances publiques.
A l'époque, Fitch misait sur un déficit public de 4,9% pour 2026, un chiffre proche de l'objectif du gouvernement, de 5%. Mais depuis, le ministre de l'Economie Roland Lescure a lui-même admis que cette cible serait "difficile à atteindre".
En avril puis en juillet, le gouvernement a révisé à la baisse sa prévision de croissance, à 0,9%, puis 0,7%, contre 1% attendu précédemment , en raison notamment du contexte de guerre au Moyen-Orient qui a perturbé l'approvisionnement mondial d'hydrocarbures et fait ralentir l'économie.
Lundi, Roland Lescure a ajouté que la croissance risquait d'être également pénalisée par "un été difficile". "Les canicules, les incendies, ça a un impact sur la production agricole, l'économie", a-t-il indiqué.
"On voit plus clairement les conséquences de la guerre en Iran, le prix du pétrole reste élevé, on n'a pas beaucoup de perspectives et le ralentissement économique est avéré", résume Eric Dor, directeur des études économiques à l'Ieseg, pour qui "si Fitch souhaite dégrader la note de la France, elle a des arguments pour le faire".
Autre difficulté pour le gouvernement: les taux d'emprunt de l'Etat français, au plus haut depuis près de 20 ans, qui pèsent mécaniquement sur le coût de la dette.
"Le taux à dix ans français est désormais bien au-dessus de la plupart des voisins européens: les marchés froncent les sourcils, il y a une préoccupation", explique Eric Dor, pour qui ce serait un argument supplémentaire pouvant justifier une dégradation de la note de la France.
Dans ce contexte compliqué, le gouvernement a lancé plusieurs ballons d'essai durant l'été, notamment la piste d'une désindexation partielle par rapport à l'inflation des pensions des retraités plus aisés.
Mais, à un peu plus d'un mois de la présentation du dernier projet de budget du quinquennat, qu'il devra faire passer malgré l'absence de majorité au Parlement, le Premier ministre Sébastien Lecornu n'a pas encore fixé d'objectif de déficit pour 2027 .
Et la dette publique, qui atteignait 117,5% du produit intérieur brut fin mars, selon l'Insee, alimente les débats politiques.
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