L'État "ne remboursera plus le Doliprane" mais "garantira la protection totale contre les risques de santé les plus graves": la réforme choc de la Sécurité sociale proposée par Bruno Le Maire
Dans son manifeste, l'ancien ministre de l'Économie et des Finances Bruno Le Maire prône une réforme en profondeur de la Sécurité sociale. Avec une assurance maladie obligatoire qui ne prendrait en charge "que" les risques majeurs et coûteux pour les patients, laissant les soins courants et moins onéreux aux assurances santé privées. Sans mutuelle, le paracétamol ne vous serait plus remboursé. C'est grosso modo ce que propose Bruno Le Maire, dans son "manifeste pour une autre France" , qui a tout l'air d'un programme présidentiel même si l'ex-ministre de l'Économie et des Finances ne s'est pas encore déclaré candidat à l'Élysée.
Le pays veillera aussi "à la rapidité et à la qualité des soins, il réorganisera le transport des malades par taxi pour le réserver aux plus modestes et aux plus fragiles", dicte l'ancien locataire de Bercy.
Mais alors que le gouvernement s'attire déjà les foudres en augmentant les plafonds annuels des franchises médicales et participations forfaitaires, il apparaît peu probable que les usagers du système de santé soient enclins à suivre une telle réforme.
Ce projet avait qui plus est été soutenu il y a près de dix ans par François Fillon , lors de la primaire de la droite en vue de l'élection présidentielle de 2017. Ce dernier appelait en effet à "recentrer" les remboursements de l'Assurance maladie sur "les affections longues durée et les pathologies lourdes", laissant le reste des dépenses de santé plus courantes et moins onéreuses à la charge des mutuelles et assurances santé privées. À cette époque, la mesure avait déjà provoqué un tollé dans l'opinon publique, si bien que l'ex-Premier ministre de Nicolas Sarakozy avait finalement amendé son programme avec des propositions plus consensuelles pour la santé.
Une décennie plus tard, le projet semble encore trop irritant pour aboutir.
Le syndicaliste rejette également le projet de Bruno Le Maire qu'il estime "injuste" pour les patients aux ressources les plus modestes. "Il y a tout un pan de la population qui n'a pas de complémentaire santé, donc c'est une façon de privatiser la sécurité sociale et donc pas du tout une bonne idée", déplore-t-il.
Il n'empêche que ces dernières années, le gouvernement n'a pas ménagé les patients en matière d'économies sur la santé.
Souvent peu visibles par les malades, différents transferts de charges de l'Assurance maladie obligatoire (AMO) vers les organismes complémentaires ont été opérés. Comme l'abaissement du taux de remboursement des soins dentaires, de 70 à 60%, survenu en octobre 2023, afin de renflouer les caisses de la Sécu à hauteur de 500 millions d'euros en année pleine.
Et Sébastien Lecornu poursuit cette stratégie avec un décret fraîchement publié au Journal officiel qui, dès le 1er janvier 2027, abaisse à 50% la prise en charge par l'Assurance maladie des actes dentaires, laissant la moitié restante aux mutuelles.
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