"Un modèle qui arrive à un tournant": faut-il repenser le système des pompiers volontaires?
Les pompiers ont entamé cette semaine un mouvement de grève, après un été marqué par les incendies. Les syndicats de pompiers demandent l'embauche de 21.000 professionnels, dans un secteur où près de 80% des effectifs sont des volontaires. Certaines casernes peinent aujourd'hui à recruter de nouveaux membres, ou du moins à garder ceux en poste. Huit syndicats de pompiers professionnels ont appelé à une mobilisation nationale depuis ce mardi 8 septembre et jusqu’au 20 octobre au minimum. Ils demandent des moyens financiers, humains et matériels supplémentaires et dénoncent un système à bout de souffle qui "ne peut plus continuer ainsi", selon les mots de Laurent Guilloteau, représentant syndical CGT des SDIS.
D'autant plus que ce système repose en grande partie sur des volontaires , qui représentent aujourd'hui près de 78% des effectifs totaux des sapeurs-pompiers. Que ce soit sur le front des violents incendies qui ont ravagé le territoire cet été que tout au long de l'année sur une vaste palette d'interventions, plus de 200.000 hommes et femmes exercent des missions de pompiers en complément de leur activité professionnelle. Nombreux sont ceux qui ont même posé des congés pour combattre les flammes.
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"On a répondu présent cet été, mais c'est vrai qu'on est sursollicités et quand il y a des événements exceptionnels qui deviennent de plus en plus fréquents, ça peut poser question sur la pérennité du système", reconnaît auprès de BFM Tom Burggraeve, pompier dans le Nord et secrétaire général adjoint du Syndicat national des sapeurs-pompiers volontaires (SNSPV).
Si les effectifs de pompiers volontaires sont relativement stables ces dernières années, une baisse de 25% de leur nombre pour 100.000 habitants a été observée en 52 ans. Surtout, ils font face à une hausse importante du nombre d'interventions: +35% en vingt ans. Et le vieillissement de la population additionné aux conséquences du changement climatique pourraient aggraver la tendance.
"On a un modèle qui arrive à un tournant", concède Pauline Born, maîtresse de conférences à l'université de Rouen-Normandie.
Cette situation entraîne une hausse du temps moyen d'arrivée des secours: +20% entre 2013 et 2025. Surtout, elle a pour conséquence "une sursollicitation des pompiers volontaires", afin de garantir la continuité du service public, explique Laurent Guilloteau de la CGT. Conséquence: dans de nombreux départements, "un nombre d'heures minimal ou des objectifs de gardes ou d’astreintes à réaliser sont imposés aux pompiers volontaires", explique Pauline Born.
"Avant, les volontaires avaient des astreintes, qui sont le cœur de notre métier. Maintenant, ils ont des gardes: on fait le boulot des professionnels", déplore ainsi Tom Burggraeve, qui précise que "81% des centres de secours ne fonctionnent qu'avec des volontaires".
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