L’administration Trump délègue une partie de la gestion de son aide humanitaire à des organisations évangéliques
Les États-Unis vont consacrer près de deux milliards de dollars à des programmes de santé et d’aide humanitaire , une somme qui soulève cependant de nombreuses interrogations et critiques, cette importante enveloppe ayant en effet été confiée à des organisations confessionnelles et évangéliques.
L’annonce, faite le 6 août par le Département d’État, marque une nouvelle étape dans la transformation de la politique américaine d’aide internationale voulue par l’administration Trump, mais surtout une orientation religieuse claire, susceptible d’offenser les populations de certains pays aidés.
L’essentiel de la somme allouée par la Maison blanche - environ 1,4 milliard de dollars - est appelé à financer des programmes de santé. Jusqu’à 850 millions seront distribués sur cinq ans dans le cadre d’un vaste programme associant World Vision et des partenaires locaux.
Celui-ci doit intervenir dans 17 pays, auprès de plus de 2 500 hôpitaux, centres médicaux et structures communautaires, avec notamment la formation et l’équipement de dizaines de milliers de personnels de santé. Une autre enveloppe, de quelque 570 millions de dollars, sera directement attribuée à des établissements confessionnels et communautaires.
Le reste, environ 538 millions de dollars, est destiné aux opérations humanitaires.
Parmi les bénéficiaires figurent notamment Samaritan’s Purse, World Vision et Compassion International.
Selon Washington, ces programmes doivent permettre d’apporter une assistance à plusieurs millions de personnes touchées par des crises humanitaires et de renforcer les capacités locales face aux catastrophes. Plus de 100 millions de dollars doivent notamment pouvoir être mobilisés rapidement en cas d’urgence.
Pour l’administration américaine, le recours aux organisations confessionnelles répond à une logique pragmatique. Dans de nombreux pays pauvres ou confrontés à des crises prolongées, les réseaux religieux disposent depuis longtemps d’hôpitaux, de dispensaires, d’écoles ou de structures d’aide implantés au plus près des populations.
Cette stratégie s’inscrit aussi dans la profonde réorganisation de l’aide extérieure américaine engagée depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche. Après la suppression de l’USAID (Agence américaine pour le développement international, N.D.L.R.) en tant qu’agence autonome et une réduction considérable des programmes internationaux, Washington entend concentrer ses moyens sur des projets jugés directement mesurables et compatibles avec ses priorités. Les organisations confessionnelles, souvent capables de travailler avec des structures locales déjà existantes, occupent dans ce nouveau dispositif une place beaucoup plus visible.
Le choix n’est cependant pas dépourvu de risques. Le fait que les bénéficiaires soient explicitement identifiés comme des organisations confessionnelles relance notamment le débat ancien sur la frontière entre action humanitaire et activité religieuse.
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