Gaza: face à son désarmement forcé, le Hamas tiraillé entre le pragmatisme et son identité de résistance
Jared Kushner s'est entretenu lundi 17 août à Jérusalem avec le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu de la mise en place de la phase 2 du plan de paix pour Gaza. L'émissaire américain a dit espérer un début de désarmement du Hamas d'ici « 30 jours », qui se ferait sous supervision d'un général américain. L'armée israélienne, elle, dit ne pas se retirer tant que le mouvement palestinien n'est pas entièrement désarmé.
Le Hamas répète qu’il est prêt à accepter un désarmement . Pour Khaled Elgindy, chercheur au Quincy Institute à Washington, après le massacre du 7 octobre, le mouvement islamiste a été très affaibli par 3 ans de guerre à Gaza. « En réalité le Hamas n’a pas le choix, il s’intéresse donc aujourd’hui à la façon dont ce désarmement va s’organiser », estime-t-il.
Hamed Qusay, professeur palestinien de sciences politiques à l'université Al-Quds de Ramallah, assure que la logique du mouvement islamiste est basée sur le pragmatisme : « Aujourd’hui et pour au moins les 5 à 10 prochaines années, la population de Gaza n’est pas prête à une reprise du conflit. Cela veut dire pour le Hamas que sa résistance armée est gelée . C’est une mesure tactique et non une mesure de fond, car ils savent que Benyamin Netanyahu va bloquer et mettre des obstacles. »
Hamed Qusay souligne que la question du désarmement est cruciale pour le mouvement : « Si le Hamas, renonçait à la résistance armée, cela signifierait qu’il remettrait en cause l’un des principes fondamentaux de son identité, et je ne pense pas que le Hamas soit actuellement prêt à aborder ces questions. »
Le Hamas est de facto confronté à une autre interrogation : entre la branche politique et la branche militaire, qui prend aujourd’hui les décisions ?
À lire aussi Plan de paix à Gaza: Jared Kushner rencontre le Hamas en Égypte avant une visite en Israël
Suivez toute l'actualité internationale en téléchargeant l'application RFI
5News a agrégé ce résumé depuis le flux public du média. L'article complet, avec tout le contexte, est sur www.rfi.fr — le contenu appartient à RFI.