“Je pense que nous reviendrons” : à Ceuta, après l’échec de l’appel du 15 août, le problème demeure
Ils disent s’appeler Yassim et Ahmed. L’un est mécanicien, l’autre, serveur. Ils sont frères, tous les deux grands supporters du Barça. Il y a quinze jours, lorsque la frontière de Ceuta s’est évanouie l’espace de quelques heures, ils ont franchi la ligne de démarcation à la nage, aux côtés de 75 000 autres personnes.
Deux semaines après cette péripétie, les voilà en train de siroter un granité dans un café de Fnideq [Castillejos, en espagnol], la ville marocaine frontalière, près du grand marché qui déborde d’activité chaque samedi.
“On n’est restés que deux jours à Ceuta parce que là-bas c’était horrible, admettent-ils. On n’avait pas d’argent, ni de nourriture. On dormait dans un parc. Donc on est rentrés chez nous.
− À vrai dire, je n’en sais rien, répond Ahmed, songeur. Je pense que oui, mais quand on sera mieux préparés.”
Les deux jeunes frères font partie des dizaines de milliers de Marocains qui ont résisté à la tentation du #harraga [un terme qui désigne les migrants clandestins], un mouvement viral qui appelait à une “invasion” collective de Ceuta pour le [15 août]. Ce n’est pas par manque d’envie, insistent-ils, mais plutôt un choix stratégique. Car outre une surveillance massive sur les réseaux sociaux,
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Article réservé aux abonnés Reportage. Dans les rues de Ceuta, “on nous a ignorés jusqu’à ce qu’il soit trop tard”
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